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LA CHINE DU YANG-TSE

11 au 31 juillet 1999


Je vais donc vous parler de la Chine…

Mais quand je dis " la Chine ", il faut que je commence par le début car en fait, j'ai fait deux voyages.
Le premier en 1999 (les grandes villes de l'Est et la descente du Yang Tsé) et le second en 2000 (la Route de la soie et la traversée du désert du Taklamakan), c'est à dire, cette fois-ci, à l'Ouest de la Chine.

Commençons donc par le premier voyage. Je vais essayer de rassembler tous mes souvenirs de 1999, et en même temps, je vais m'aider avec les photos (qui seront un jour sur le site). J'en avais rapporté un bon millier… Il faudra juste trouver 5 minutes pour les scanner !

En préambule, je voudrais dire que ce qui va être raconté ici s'est donc passé il y a 5 ans et que la Chine évolue à une vitesse faramineuse. Certaines choses peuvent donc avoir déjà changé.

C'était un circuit de 3 semaines, ce qui est relativement long pour un voyage organisé.
Le groupe était composé d'une vingtaine de personnes, avec lesquelles nous avons gardé des relations depuis tout ce temps. C'est assez exceptionnel dans les voyages pour être signalé.

 

* * *


DIMANCHE 11/07/99

Nous sommes partis de Roissy II en fin d'après midi, à 17 heures.
En route pour 10 heures de vol, et 8570 km jusqu'à Pékin. Nous avons survolé les pays suivants :
Allemagne, Danemark, Suède, Lettonie, Estonie, Russie, Mongolie (désert de Gobi) pour finalement arriver au dessus de la Chine.
Altitude maximum : 10200 mètres
Vitesse de vol maximum : 1011 km/h
Température extérieure en vol : - 50° (brrrr !)

En fait, comme je le disais en plaisantant : Paris - Pékin, c'est tout droit ! Un coup de RER direct jusqu'à Roissy + 8570 Km et… on y est !

C'est très pratique de prendre ce vol de 17h car tout est ainsi très bien organisé. Lorsque le dîner a été servi, la nuit tombe et les hôtesses baissent systématiquement les petits volets sur les hublots, les lumières sont mises en veilleuse dans l'avion et… tout le monde s'endort jusqu'au survol du désert de Gobi.

Ce qui est surprenant, c'est que ce désert n'est pas uniquement de sable. Il y a également des formations rocheuses que l'on distingue parfaitement depuis le ciel.


LUNDI 12/07/99

Nous arrivons finalement à pékin à 7h55 du matin heure locale chinoise. Cela fait + 6h00 de décalage horaire.
C'est moins moderne qu'à Roissy (nous descendons de l'avion sur le tarmac) mais l'aérogare n'est pas mal quand même. Mais il me semble qu'en 2000, cela avais déjà changé.

Première surprise : je vois de très grands chinois, filles et garçons… nous apprendrons plus tard que c'était une équipe de basket !
Mais quand même, pour le premier contact, ça fait drôle… surtout pour moi et mes 1,94m !

Nous faisons connaissance avec notre guide nationale chinoise (Yana) qui a 26 ans à l'époque et qui deviendra ensuite une amie (elle viendra chez nous à Paris en octobre 99 et nous irons chez elle à Pékin en 2000 - génial !)

Sous son " commandement ", nous attaquons directement les premières visites de Pékin, capitale politique et culturelle.

Le programme est le suivant :
· Le Temple du Ciel : c'est là où l'Empereur renouvelait tous les ans sa qualité d'intercesseur entre le ciel et son peuple, et venait ainsi légitimer son pouvoir.
· La place Tien An Men : c'est à dire de " la paix céleste ". A l'époque , elle était en pleine rénovation en vue de la célébration du 50ème anniversaire de la république chinoise (1er octobre 1949).
· La Cité interdite : ville pourpre qui, par ses nombreux bâtiments, ses cours et ses jardins, forme le palais impérial.
· La colline " du charbon " : pour son panorama sur la Cité interdite (par beau temps, évidemment !)
· Dîner : canard laqué !

Malheureusement, il fait un temps de chien (ou de canard - laqué - !) et nous allons faire les différents temples et la Cité interdite sous la pluie (heureusement, nous pourront le refaire l'année suivante sous un soleil radieux).

Pour nous rendre sur les lieux des différents sites, éparpillé dans Pékin, nous traversons la ville en car. C'est un choc.
Ce que je vais dire va peut-être sembler un peu bébête mais, vue de loin, à la fin des années 90, la Chine s'imaginait encore avec des vélos dans tous les sens, des pousse-pousses…
Erreur fatale ! ! !
Même s'il y en a encore beaucoup (mais aujourd'hui, je crois de moins en moins), nous nous retrouvons sur des avenues très larges et sans fin ou sur des voies rapides avec des échangeurs monstrueux et… beaucoup de voitures !
Et nous traversons ainsi des km et des km de quartiers de HLM peu reluisants, avec des climatisations extérieures et des balcons surchargés d'objets les plus hétéroclites (allant du vélo - quand même ! - à l'inévitable cage à oiseaux, etc.).
Bizarre impression pour commencer le voyage.
Dans un premier temps, nous nous demandons si nous sommes en voyage d'agrément ou si nous allons faire un voyage d'étude… sur les cités HLM !
Toutefois, nous voyons aussi que certains immeubles commerciaux ou de bureaux sont très modernes et que leur architecture est très belle pour ce type d'immeuble.
Je veux dire que, si comme chez nous, ils utilisent le verre et l'acier, le résultat est souvent très original, dans le bon sens du terme.
Nous constaterons plus tard que les architectes chinois sont très doués et semblent avoir un sens de l'esthétique très développé.

En regardant les photos, je me rend compte que les temples sont très difficiles à décrire…

Le temple du ciel se trouve au bout d'une très longue et large allée pavée. Ce temple est rond et comporte trois toits superposés (un peu comme trois chapeaux chinois qui seraient l'un au dessus de l'autre) et il est juché sur une sorte de rotonde comportant elle-même trois niveaux.
Chaque niveau est bordé d'une balustrade de pierre blanche finement sculptée.
Ce temple est entouré d'autres bâtiments rectangulaires avec des toits " pagode " en tuiles laquées. Ces bâtiments présentent des colonnes laquées en rouge (la couleur du bonheur en Chine) et décorées de motifs floraux dorés. Les plafonds de bois sont richement décorés de caissons peints de motifs turquoise, or et noir.

La Place Tien an Men. Etant donné qu'elle était en travaux de restauration, nous n'avons fait que passer devant (c'est à dire la longer car elle est très grande). Sur le côté, se trouve le mausolée de Mao.
A l'une des extrémités de cette gigantesque place rectangulaire, j'ai eu la surprise de voir un Cyber-café ! Internet, l'un des symboles de la " culture " américaine sur la place de la capitale du communisme survivant ! Surréaliste !
A l'une des extrémités se trouve l'entrée de la Cité interdite.

La Cité interdite. L'entrée se fait sur un vaste espace clos sur trois côtés par d'immenses murs de briques rouges. Le mur du fond et troué de trois ouvertures permettant l'entrée des visiteurs. Et l'on se retrouve de nouveau sur un vaste espace pavé ; c'est la première cour d'une multitude que comporte la Cité interdite pour séparer la innombrables bâtiments.
En fait, cette cité est composée d'un nombre incroyable de bâtiments, cours, petits ponts, escaliers de pierre sculptée… c'est un véritable labyrinthe de beauté. Nous découvrirons plus tard que les jardins chinois sont également organisés ainsi… toutes ces portes et bâtiments à franchir avant d'arriver dans le suivant étaient destinés à arrêter les mauvais esprits.
Ici aussi, les toits des temples sont soutenus par des colonnes laquées de rouge et les plafonds de bois sculptés richement décorés de couleurs vives et d'or ! Fantastique ! ! !
Et toujours les toits " pagode " et souvent, se trouvent de petits dragons sculptés sur les corniches.
Après la matinée dans la cité interdite, nous en ressortons à l'autre bout (nous avons réussi à franchir tous les obstacles en évitant les mauvais esprits !) et il suffit de traverser la rue pour attaquer " l'ascension " de la colline du charbon.

La Colline du charbon. On grimpe en haut de cette colline couverte de jardins par des centaines de marches et en haut… un nouveau temple. De là, s'il fait beau, une vue panoramique sur l'ensemble de la Cité interdite. Pour nous, nous ne pourrons voir ce spectacle extraordinaire que l'année suivante car en 1999, Pékin était sous la pluie et la brume…

L'après midi, installation à l'hôtel et le soir… le dîner avec le traditionnel canard laqué à la pékinoise présenté au groupe par un cuisinier chinois hilare. L'un des hommes du groupe est invité à venir s'essayer à découper le fameux canard… Les petites serveuses sont écroulées de rire et leurs yeux encore plus bridés que d'habitude !


MARDI 13/07/99

En route pour la visite d'une usine de perles.
Pour cela nous recommençons à traverser Pékin en empruntant des avenues pleines de voitures et bordées de HLM climatisés…

C'est en visitant l'usine de perles que nous allons comprendre que tous les sites sont accompagnés d'un " magasin d'Etat " où l'on passe obligatoirement à l'entrée et à la sortie, avant et après la visite. En général, ces magasins sont assez gigantesques, avec une " armée " de vendeuses très souriantes et délicates (la délicatesse et le charme asiatique).
Ces endroits sont toujours climatisés entre 15° et 20°. Pour les chinois, la climatisation est un attribut de la modernité… Ceci veut dire que la différence avec la température extérieure à 40° provoque de fréquents maux de gorge (prévoir un petit foulard !).

Nous pénétrons donc dans l'usine de perles. Ici les perles sont triées et ensuite transformées en bijoux.

Puis nous repartons pour la visite de La Grande Muraille, à une centaine de km de Pékin.
Là, c'est également un choc !
On se rend compte en voyant serpenter cette muraille sur les contreforts des montagnes environnantes que cette construction humaine n'est pas à l'échelle du même nom.
De temps en temps, il y a une espèce de tour de guet et c'est par la que l'on accède à la partie haute de ce gigantesque " chemin de ronde ". Une fois en haut, on a une vue magnifique sur les montagnes et la muraille qui serpente dessus à perte de vue.
Parfois, la promenade devient plus fatigante car la muraille épouse la crête de la montagne et il faut donc monter et descendre, grimper des escaliers, etc.
Ce " chemin de ronde " est bordé de murets crénelés et de nombreux groupes s'y promènent et nous rencontrons des groupes d'écoliers chinois… il ont tous une casquette jaune sur la tête pour que leur instituteur les voit de l'un et ne les perde pas. Ils sont mignons comme tout et se laissent photographier.

Le midi, nous découvrons pour la première fois le restaurant " à la chinoise ". Les tables sont rondes, prévues pour une dizaine de personnes. Sur la table, un grand plateau tournant où se trouve de nombreux plats : viandes (bœuf, poulet, canard, porc), poissons, de nombreux légumes (choux chinois, etc.), l'inévitable riz et toujours des soupes. Thé au jasmin à volonté ou bière chinoise, la fameuse " Tsingtao " (prononcer " sing tââo "). On en trouve en France dans tous les restaurants et traiteurs asiatiques.
Don, nous faisons tourner le plateau à qui mieux mieux et chacun pique dans les plats comme il peut avec ses baguettes… belle partie de rigolade !

L'après midi, visite du Tombeau des Ming.
Là aussi, un merveilleux bâtiment avec toit pagode, colonnes et plafonds à caissons décorés, balustrades de pierre sculptée, et des dessous de toit très travaillés. Le tout dans un très beau parc composé de parterres fleuris.
Et en ressortant, nous empruntons la " Voie des Esprit ". C'est une longue et large allée bordée au sol de parterres de gazon. Entre chaque parterre prend place une sculpture humaine de hauteur d'homme puis, ensuite… des sculptures d'animaux (éléphants, etc.).

De retour à Pékin, nous voyons enfin autre chose que des voitures… ce sont nos premiers marchands ambulants qui vendent quelques légumes sur un plateau posé sur un pousse-pousse reconverti.

Le soir, soirée " Opéra de Pékin ". Très beau spectacle avec de somptueux costumes et maquillages. Ne parlons pas de la musique… inaudible pour des européens !
Mais il faut savoir que cette musique composée de sons grinçants est là pour ponctuer l'action. L'orchestre se trouve non pas dans une fosse comme chez nous mais sur un côté de la scène.

Après le spectacle, notre guide Yana nous entraîne dans les rues de Pékin qui environnent l'hôtel. Nous voyons un attroupement… il s'agit d'un concert de rue gratuit (une chorale genre " chœurs de l'armée russe "). Nous restons dix minutes à écouter et regarder et pendant ce temps… l'un des membres de notre groupe en " profite " pour se faire voler ses papiers… ça commence fort pour lui !


MERCREDI 14/07/99

Le matin, c'est la fin des visites à Pékin.

Première visite : le Palais d'été.
Ce palais a été créé par les empereurs Ming (1368-1644) et Qing (221-206 Av. JC) pour échapper aux chaleurs estivales de la capitale. Il est situé au bord d'un lac et se compose d'une longue promenade le long du dit lac et d'autres bâtiments couverts ou à ciel ouvert (ce sont alors des sortes de cours intérieures).
Cette visite se compose d'une longue promenade sous une sorte de portique en bois. Comme d'habitue, le plafond est richement décoré de motifs floraux ou de têtes de dragons . Beaucoup de couleur rouge, du turquoise et de l'or. Cette promenade longe le lac. Et puis, il y a donc les " cours intérieures " dont les sols sont en pierre sculptée. Ces cours se présentent un peu comme un cloître, avec un déambulatoire en périphérie.
Et puis nous partons naviguer un peu sur le lac en embarquant sur une très longue barque couverte dont la figure de proue est une énorme tête de dragon multicolore.
Nous rejoignons ainsi une autre partie du " Palais d'été ". Le lac est traversé par un très long pont de pierre qui fait un peu penser aux arches du château de Chenonceaux (mais sans le château au dessus !)
Nous arrivons finalement dans un endroit où se trouvent de grandes sculptures animalières en bronze.

L'après midi, nous visitons le Temple des Lamas et le Temple de Confucius.
Je pense qu'il faudra que je joigne quelques photos car c'est difficilement descriptible, si ce n'est à reparler des toits " pagode ", des colonnes et de décorations très colorés sur fond de rouge. Et toujours les escaliers et les balustrades en pierre blanche sculptée.

En fin d'après midi, nous prenons l'avion pour Xian, la ville où se trouve la fameuse " armée de terre cuite ".


JEUDI 15/07/99

Ville de Xian.
Le matin , nous allons dans un parc pour voir notre première pagode, la " Petite pagode de l'oie sauvage ".
Dans ce parc, les chinois pratiquent très tôt le matin des exercices physiques et des disciplines telles que le QI GONG, le TAI JI QUAN et le WUSHU, parfois avec des accessoires tels que sabres ou éventails.
Il pratiquent également les danses de salons… à 8 heures du matin, nous avons été invités à danser la valse au pied de la pagode !

Un peu plus tard dans la matinée, visite d'un grand marché couvert. En fait, il s'agit d'une longue allée couvert par une verrière et bordée d'échoppes de part et d'autre.
On y trouve de tout : épices, fruits et légumes exotiques de toutes sortes, poissons, œuf de toutes sortes également, viandes (découpée à la hache !), morceaux de canard laqué… mais aussi des tortues, serpents, scorpions (pour mettre dans la soupe !), etc.

Puis nous retraversons une partie de la ville en car pour nous rendre à la " grande fouille ", là où se trouve l'armée de terre cuite. Nous remarquons que les avenues et les croisements sont tellement vastes que les passages pour piétons sont souvent remplacés par des passerelles aériennes. Ça ressemble à des bretelles d'autoroute mais… pour piétons !

La " Grande fouille - l'armée de terre cuite ".
Il faut tout d'abord imaginer que l'on rentre dans un bâtiment moderne et couvert que l'on pourrait comparer à un immense gymnase qui serait très large et très très long.
Et là, on ne peut circuler que sur des passerelles aériennes (et sous la surveillance rapprochée des gardiens - on ne peut faire des photos qu'à certains endroits seulement - ) pour voir ce qu'il y a à voir.
Mais ce n'est pas rien… il faut se représenter un bon millier de statues de guerriers à l'échelle " 1 ", alignées les unes derrière les autres en rang serrées, comme prêtres pour partir batailler…
Et il faut voir que chaque visage est différent, etc. etc. C'est impressionnant, et encore plus lorsque l'on sait que tout cela a été retrouvé en mille morceaux et recollé !

Le soir, nous avons droit à un dîner spectacle dans un " théâtre-restaurant ". Comme toujours, de très beaux numéros de danse avec des costumes et des maquillages somptueux. Bien sûr, ça fait un peu " truc pour touristes " ( ! ) mais c'est beau quand même !
Agréable soirée.


VENDREDI 16/07/99

Nous nous réveillons dans une Xian un peu noyée la brume et la pollution, ce qui est souvent le cas en chine… l'atmosphère est jaunâtre…
Depuis la fenêtre de la chambre de l'hôtel, nous voyons des constructions à perte de vue et, de temps en temps, un gratte ciel au milieu de tout ça… vive le béton !
Et dans la rue, beaucoup de chinois qui partent travailler en vélo. Les larges avenues ont des contre-allées également très bien dimensionnées pour accueillir les nombreux cyclistes.

Puis, nous allons visiter la Grande pagode de Xian.
Je pourrais faire encore une fois la même description d'un parc avec des bâtiments décorées, etc.
Mais cette fois, il y a un élément supplémentaire : ce sont comme de mini temples en bois (disons de la grandeur d'un buffet de cuisine) ou de petits bac métalliques montés sur pieds (comme une petite table qui aurait des rebords) où les chinois font brûler des bâtons d'encens.
Tout ça se trouve dans les espaces extérieurs devant les temples.

Le midi : repas traditionnel de raviolis chinois.
Dans un restaurant un peu plus " huppé " que d'habitude, nous sommes invités à nous mettre à table par petits groupes de 3 à 5 dans de petits salons particuliers.
Les murs sont recouverts de bois sculpté et au milieux de la pièce, se dresse une grande table ronde couverte d'une nappe blanche.
Sur la table, une plateau tournant en bois foncé et une grosse marmite métallique posée sur un feu (un peu comme pour une fondue) et fermée par un couvercle doré et sculpté.
A l'intérieur… un bouillon avec des légumes.
Sont déjà sur la table des légumes découpés, des sauces et des bols.
Puis, les serveurs arrivent avec les paniers de bambou contenant les raviolis.
Contrairement à ce que l'on peut trouver en France où les " raviolis chinois " ont presque tours la même forme ; ici, ils sont très travaillés et présentent les formes et des couleurs très originales (je me souvient qu'il y en avait même en forme de petite grenouille !). Mais cela peut-être comme des fleurs ou autre chose encore… c'est très joli et très bon.

L'après-midi, nous découvrons la mosquée et le quartier musulman de Xian : beaucoup de petits artisans qui travaillent directement sur le trottoir devant leur échoppe. Egalement, de nombreux marchands de soupe (dans le vrai sens du terme) vendus directement sur le trottoir.

Puis, nous prenons l'avion pour mégapole de Chonqing qui se trouve dans les terres, à environ à 1000 km de la côte Est. Je dis " mégapole " car cette ville, en 1999, comportait déjà 30 millions d'habitants (la moitié de la France !) avec ses banlieues.
Cette ville se trouve sur le Yang-Tsé, ce qui explique sa population incroyable. En effet, beaucoup d'ouvriers travaillant sur le chantier du grand barrage sont venus s'installer ici.
Le soir, au restaurant, nous avons vu pour la première fois de " l'alcool de serpent ". Il s'agit d'alcool de riz (dans un grand bocal en verre) dans lequel est immergé un serpent (mort, évidemment !). Ça fait bizarre !


SAMEDI 17/07/99

Le matin, nous visitons le site bouddhique de Dazu qui se compose en fait de deux grands ensembles : la " Colline du précieux Ding " et la " Colline du Nord "
Ces deux collines se trouvent dans une forêt exotique épaisse. La visite consiste à se promener sur une allée aménagée au flan des collines pour admirer d'impressionnantes statues et des bas reliefs sculptés directement dans la roche qui représentent des personnages de toutes sortes. Il y a entre autre d'énormes têtes de Bouddha et des dragons… certainement plusieurs centaines de sculptures. Certaines d'entre elles laissent encore voir des traces de peinture, principalement dans les tons ocre rouge et turquoise.

Dans la région de Dazu, nous avons pu voir de très beaux paysages traditionnels de rizières.
Et dans la ville elle-même, également des scènes de rue authentiques avec les marchands ambulants, les petits restaurants de rue qui préparent des raviolis vapeurs ou des soupes, les artisans qui s'installent directement sur le trottoir pour réparer les vélos, et les habitants qui circulent avec de grands paniers à balancier posés sur les épaules.

Nous revenons à Chongqing pour embarquer sur le bateau " de croisière " avec lequel nous allons descendre le Yang-Tsé pendant deux jours.

Nous passons une première nuit sur le bateau mais à quai. Le départ aura lieu le lendemain matin.


DIMANCHE 18/07/99

La descente du Yang-Tsé.
La brume jaunâtre de la mousson enveloppe le port et la ville de Chonqing. Tout est plus ou moins ocre, l'atmosphère et surtout le fleuve.
Le bateau s'ébranle (nous voici partis pour 600 km de navigation) et très vite, nous prenons la dimension du Yang-Tsé. C'est un fleuve assez tumultueux, qui charrie diverses choses et parfois, on peut voir passer des animaux morts, emportés par le courant.
Le capitaine doit faire très attention car le fleuve peut être assez dangereux sur certains passages.
Nous croisons ou dépassons d'autre embarcations, certaines transportent du minerai, d'autres sont de simples barques de pêcheurs. Et parfois, il s'agit aussi d'un autre bateau de croisière.
Je précise qu'ici, le " bateau de croisière " n'a rien à voir avec les ferry luxueux que nous voyons dans les ports européens. Ces bateaux sont plus rudimentaires et beaucoup moins gros.
Sur certains, les cuisines sont à l'arrière et les cuisiniers se débarrassent des déchets directement dans le fleuve…
De temps en temps, nous passons sous de grands ponts suspendus qui enjambent le fleuve.

Notre première escale sera pour la ville de Fengdu, la ville " des démons ".

Le débarcadère se trouve à 20 ou 30mètres de la rive et nous devons emprunter une passerelle rudimentaire en planches, prennant elle-même appui sur une dizaines de petites barges.
De chaque côté de ce " chemin " sont tendus de petits filets destinés à rattraper celui qui mettrait un pied de travers.
A l'issue de cette passerelle, il n'y a pas de quai et nous arrivons directement dans une rue (qui termine donc sa course dans le fleuve) qui monte vers le centre ville.
Ici, il y a beaucoup de mendiants et d'infirmes. Le spectacle n'est pas très réjouissant.
Et puis, il faut finalement prendre un télésiège qui surplombe la forêt pour atteindre le temple bouddhique de Fengdu.
Ce temple est noyé dans la verdure et les fleurs. Il y a également des ponts de pierre pour passer d'une partie à une autre.
Dans l'enceinte du temple, nous assistons à une démonstration de calligraphie chinoise.
Mais la particularité de cet endroit est de présenter de grandes statues de démons, peintes dans des couleurs vives… c'est très kitch !
Egalement, des vitrines avec des représentations très réalistes (à l'aide de figurines) des " supplices chinois ". Cela fait un peu " cabinet des curiosités ".
Tout ceci explique le surnom " ville des démons " de Fengdu.
Et pour terminer, du haut de la colline, nous avons une vue panoramique sur la ville et le Yang-Tsé.

Nous reprenons la croisière et je précise qu'à partir de maintenant, le Yang-Tsé va couler dans un paysage montagneux. Nous en profitons particulièrement dès ce premier soir avec un très beau couché de soleil sur le fleuve et les montagnes. L'ensemble est très majestueux.


LUNDI 19/07/99

Poursuite de la croisière.
A l'époque, le grand barrage destiné à contenir les inondations et fournir l'énergie nécessaire à un quart de la Chine était donc en construction. Sur les berges montagneuses, nous voyons régulièrement d'immenses pancartes qui indiquent la hauteur (175 mètres) à laquelle sera le niveau du fleuve lorsque le barrage sera terminé.
Ceci veut dire que de nombreux sites auront été noyés, ainsi que des villages entiers et même des villes.
Certains temples, les plus importants, seront démontés et déplacés mais nombres d'entre eux seront engloutis. Pour ce qui est des villes, cela veut dire que plusieurs millions de personnes (c'est à l'échelle de la Chine !) seront également déplacées. Dans ce but, des villes modernes sont construites plus en hauteur en vue de ces migrations de population.

Aujourd'hui, la largeur du fleuve va se rétrécir et le paysage va devenir plus encaissé. Nous allons naviguer dans trois gorges ; successivement les gorges de " Qutang " (8km de long seulement mais la plus impressionnante), de " Wuxia " (44 km de long) et de " Xiling " (76 km de long).

Dans la première gorge, les rives étant très escarpé, les chinois ont aménagé des culture en étage.

Avant d'aborder la seconde grande gorge, nous débarquons à Wushan pour faire une navigation " aller-retour " sur une la rivière Daning, qui se jète dans le yang-Tsé.
Nous prenons donc une plus petite embarcation pour une magnifique promenade sur la rivière Daning, dans les " trois petites gorges ".
Ici, la rivière est calme, les rives sont des montagnes plus ou moins escarpées, parfois avec des trouées plus plates, et couvertes de végétation. L'ambiance générale est ocre jaune (pour l'eau) et verte (pour les berges). De temps en temps, nous croisons de petites embarcations de pêcheurs ou voyons de petits villages bâtis au milieux d'une végétation luxuriante.
A un autre moment, une longue passerelle, très légère, enjambe la rivière. Des chinoises avec des ombrelles (pour se protéger du soleil) circulent dessus. Et tout ceci se superpose à un paysage de montagnes sur plusieurs plans (les plus éloignées se perdant dans la brume. Très joli..
Vers midi, nous débarquons pour pique niquer sur une petite grève de galets, au pied de la montagne.
Et ensuite, nous refaisons le chemin dans l'autre sens pour rejoindre le Yang-Tsé et reprendre la croisière principale dans un environnement toujours aussi majestueux.

Le soir, nous stoppons non loin de la ville de Yichang, site du futur grand barrage.
Nous passerons encore cette nuit à bord mais comme c'est la dernière soirée, le capitaine nous accueille pour un dîner de gala en sa présence.


MARDI 20/07/99

Le matin, nous laissons le capitaine et son bateau pour reprendre le car.
Nous nous rendons sur le site du futur grand barrage, déjà en construction de puis plusieurs années. A cet endroit, le fleuve est particulièrement fort et tumultueux, d'autant plus qu'il y a eu de grandes inondations peu de temps avant.

Puis, nous visitons le musée de Jingsha ( Jingsha est la compression des noms de deux villes : Shashi et Jingzhou) dans lequel nous assistons à un petit concert réalisé avec des instruments traditionnels et surtout, nous voyons la dépouille momifiée d'un sous-préfet datant de - 167 av. JC.

Ensuite, visite du " Jardin des stèles ", qui se compose de multiples petites constructions abritant chacune une stèle. Chaque petit bâtiment est carré et ouvert (une colonne à chaque coin et un toit " pagode ") ; cela ressemble à un petit kiosque à musique.


MERCREDI 21/07/99

Nous partons en car vers la ville de Wuhan et empruntons l'autoroute.
Quelle surprise de constater que l'entretien de cette voie n'est pas réalisée avec des machines mais par de vrais cantonniers " à l'ancienne " armés de longs balais, comme nous en voyions jadis dans nos villes et villages. Il y en a un tous les km… s'ils doivent nettoyer ainsi toute l'autoroute, ils n'ont pas fini…

En chemin, à nouveau de beaux paysages de rizières.

A l'arrivée à Wuhan, nous passons sous une grande publicité pour Citroën.
Ici, nous retrouvons le yang-Tsé pour constater que son niveau est très haut : les arbres qui se trouvent sur les berges sont inondés à mi-hauteur.

Dans cette ville, nous visitons successivement :
· un monastère bouddhique composé de nombreux bâtiments dont les portes sont de bois sculpté vernis ou laqué rouge,
· Le " Jardin des bonzaïs " qui, comme son nom l'indique, présente une multitude de bonzaïs de toutes sortes, tous plus beaux et extraordinaires les uns que les autres,
· Le musée provincial de Hubei dont la pièce maîtresse est un très beau carillon composé d'environ une petite centaines de cloches en fonte.
· Une fabrique de tapis avec des métiers à tisser à l'ancienne.

Nous traversons ensuite à pied les vieux quartiers de Wuhan et découvrons les balcons " à la chinoise ", c'est à dire encombrés de touts sortes de choses allant du bonzaï, en passant par le vélo, la cage à oiseaux, la climatisation extérieure, de multiples bassines, etc. etc.
Au gré de la promenade, nous voyons aussi des chinois installés directement sur le trottoir en train de jouer aux dames ou à des jeux chinois.

Et le soir à l'hôtel, j'ouvre la télé et je vois… Julien Lepers sur TV 5 Asie !


JEUDI 22/07/99

En début de matinée, envol pour Nankin, l'ancienne capitale du Sud.
Nous passons dans la ville en car et voyons des immeubles en ravalement avec des échafaudages construits exclusivement en bambou.
Puis nous visitons l'observatoire. Dans les cours sont installés des instruments de mesure anciens en bronze. On peut voir par exemple un énorme globe terrestre et une sphère indiquant les coordonnées des étoiles, et un autre instrument indiquant les jours de l'année solaire.

Ensuite, en route pour le mausolée de Sun Yat Sen (président de la République vers 1912).
Pour l'atteindre, il faut commencer par emprunter une large et très longue allée bordée d'arbres, puis nous arrivons au pied d'un escalier monumental. Le mausolée, un bâtiment assez imposant, se trouve tout en haut de l'escalier de 389 marches.
Tout cet ensemble constitue une belle promenade, prisée des chinois. Beaucoup se font photographier en famille sur le marches, toujours avec leurs ombrelles anti-soleil.
Et justement, une famille, surprise par ma taille et aussi par la couleur rousse des cheveux de ma femme, veulent absolument nous prendre en photo… c'est l'arroseur arrosé !
Lorsque l'on arrive en haut de l'escalier, c'est un vaste panorama qui s'étale à nos pieds : la perspective sur les 389 marches et la logue allée qui se perd dans les arbres. Et l'on balaie du regard toute la région de Nankin en toile de fond.

Nous empruntons ensuite la Voie sacrée de Nankin, également une longue allée avec des parterres comme dans un parc, et bordée de statues d'animaux en pierre, grandeur nature.

Puis retour dans la ville où nous retrouvons l'ambiance habituelle avec les marchandes de soupe et de ravioli vapeur au coin des rue, les sac d'épice ou de légumes sec, les poissons séchés, etc.

Notre fin d'après midi se passera dans le très grand parc de nankin, situé à proximité de l'hôtel. Nous y verrons des lacs couverts de lotus avec leurs belles fleurs roses.


VENDREDI 23/07/99

Le matin , nous visitons la vieille ville de Nankin, très pittoresque avec ses ponts de pierre blanche sculptée qui enjambent des canaux. Ces petits ponts sont décorés de lampions rouge et or accrochés en hauteur au dessus des parapets. Et bien sur, tous les bâtiments ont des toits " pagode " du plus bel effet.
Puis nous arrivons au marché où l'on trouve de tous, depuis les fleurs, en passant par les oiseaux ou les poisons séchés…
Le clou de matinée est la visite d'une clinique de médecine traditionnelle chinoise où chaque membre du groupe aura droit à une consultation gratuite.
Le but étant évidemment de nous vendre des potions " miracle " maison. Il y en a dix en tout, chacune destinée à traiter une affection particulière :
· Potion 1 : pour le cœur et le cerveau,
· Potion 2 : pour le foie et le sang,
· Potion 3 : pour l'estomac,
· Potion 4 : pour les reins,
· Potion 5 : pour l'équilibre interne du corps
· Potion 6 : pour les vertige,
· Potion 7 : pour les rhumatismes,
· Potion 8 : Yin-Yang pour la santé et l'énergie,
· Potion 9 : pour l'obésité,
· Potion 10 : pour la vitalité.
Chacune de ces potions est composée de 10 à 15 herbes et ingrédients naturels.

Chaque membre du groupe s'installe donc à une petite table particulière avec un médecin qui regarde la langue, le blanc des yeux et prend le battement du cœur… puis détermine que l'on a mal au foie ou au dos et prescrit l'une des potions ci-dessous.

Si on le souhaite, il n'y a plus qu'à se diriger vers le comptoir de vente qui ressemble à une pharmacie à l'ancienne, avec des dizaines de tiroirs en bois vernis. Et là, un chinois et une chinoise s'affairent sans relâche pour préparer les paquets.

L'après-midi, nous affrontons une pluie sub-tropicale… ça dure dix minutes avec d'énormes gouttes et ça sèche aussi vite. Nous nous réfugions dans un " salon de thé " pour déguster un bon thé au jasmin.

Et nous voici repartis pour de nouvelles aventures… nous allons prendre le train pour nous rendre à Suzhou (3h10 de trajet).
Ici, il vaut mieux être en groupe accompagné pour prendre la train, et ceci pour au moins deux raisons :
Si l'on est un étranger isolé, les chinois sont très capable de vendre des billets non valides car… ils sont très commerçants ! Et ensuite… allez vous expliquer !
De plus, il est évidemment impossible de lire les noms des gares et indications diverses…

En Chine, la première classe est dite " classe molle ", ce qui signifie que les sièges sont rembourrés et donc plus confortable que dans les autres classes.
En attendant le train, les voyageurs ne se cassent pas la tête et traversent les voies au milieu de la gare…
Le train pénètre arrive finalement : une grosse motrice diesel rouge et des wagons vert foncé avec une ligne jaune en ceinture de caisse, et au dessus des vitres.
A l'intérieur des wagons " classe molle ", le confort est similaire à nos anciens trains (avant les trains Corail) mais ce n'est pas mal.


SAMEDI 24/07/99

Nous voici à Suzhou, la ville des jardins.
Ici aussi en traversant la ville, nous voyons beaucoup d'échafaudages construits uniquement en bambou. Apparemment, c'est solide !
Comment décrire ces jardins ?
Il y a toujours de l'eau (petit lac ou canaux), donc de petits ponts. Beaucoup de verdure et de fleurs, très souvent des fleurs de lotus et parfois des bonzaïs.
On y trouve aussi de nombreux bâtiments, souvent sur pilotis, avec de cours et des pièces ouvertes sur le jardin. Ces constructions sont souvent en bois foncé genre " bois exotique " et sculptés, particulièrement les ouvertures (portes à battants et entourages de fenêtres). Je dis fenêtre par facilité mais en fait, le plus souvent, ce sont des ouvertures sans vitre.

Dans cette ville, nous visitons également le " Temple du Nord " et sa pagode de neuf étages 80 mètres de hauteur). Depuis le sommet, nous avons une vue panoramique sur Suzhou.

Et pour terminer, découverte d'une fabrique de soie, la grande spécialité de la Chine.
C'est un atelier surchauffé avec quelques petites fenêtres. La température extérieure devant avoisiner les 42°, c'est dire qu'il fait moite à l'intérieur avec les machines à filer.
On commence par nous montrer la culture des vers à soie qui vivent paisiblement leur vie dans des paniers d'osier en gambadant sur les feuilles de mûrier qui sont leur repas favori.
Dans une autre pièce, des ouvrières trient les cocons et tout cela est finalement transformé en fil et la soie extraite est mise à sécher au soleil dans la cours.
Avant de ressortir, nous passons dans une grande pièce pour assister à un défilé de mode où son présentées des robes longues confectionnées avec la soie de la fabrique.
Les chinois adorent les défilés de mode.

En fin d'après midi, nous reprenons en direction de Shanghai (1h20 de trajet).
Shanghai, la mégapole de tous les délires, vitrine de la Chine convertie à l'économie de marché.
Se côtoient là les vieux quartiers insalubres et les immeubles les plus modernes ; de gigantesques voies rapides avec des " échangeurs " multiples, et aussi le " Bund ", la promenade par excellence, qui longe l'embouchure du Yang-Tsé et qui est bordée par les immeubles coloniaux du 19ème siècle.

Le soir, après le dîner, nous ferons une promenade nocturne.
Nous commençons par un quartier qui s'appelle la " Nouvelle vieille ville " qui présente des bâtiments de style ancien et traditionnel (beaucoup de bois sculpté et toits de style " pagode ") mais en très bon état car rénovés ou peut-être même reconstruits. C'est en fait un quartier commerçant avec des restaurants de rue très sympathiques.
Touts les bâtiments sont éclairés et des guirlandes lumineuses (comme nous le faisons ici à Noël) épousent la forme particulière des toits avec leurs coins qui remontent.
Tout cela est un peu kitch mais très joli tout de même !

Et nous voici sur le " Bund " !
Il faut imaginer un large avenue qui suit les légères courbures de l'embouchure du Yang-Tsé.
D'un côté de l'avenue se trouve la suite ininterrompue des immeubles coloniaux (style Haussmann ou anglais) qui, le soir sont très éclairés. L'ensemble est d'un bel effet.
De l'autre côté de l'avenue, une large promenade (à peu près de la dimension d'un trottoir sur les Champs-Elysées) sur laquelle nous nous trouvons. Il y a beaucoup de monde en promenade, des familles, des touristes, des smoureux, des marchands de glace…
Et cette promenade longe elle-même le Yang-Tsé.
Et de l'autre côté du Yang-Tsé, on peut voir le nouveau quartier de " Pudong ", là où se trouve la tour de la télévision et tous les grattes-ciel de ce nouveau temple des affaires.


DIMANCHE 25/07/99

Visite de Shanghai.
C'est le plus grand port de Chine et l'une des villes les plus peuplées du pays avec 17 millions d'habitants en 1999.
Ce qu'il ne faut vraiment pas manqué ici, c'est le musée.
Cet établissement est très moderne, sur plusieurs étages. Mais surtout, il propose des collections absolument fabuleuses.
Nous l'avons fait en une demie journée mais pour bien faire, il faudrait plus plusieurs jours…

Les diverses collections sont les suivantes :

· Peintures chinoises avec des thèmes traditionnels (montagnes, oiseaux…)
· Les bronze (objets datant souvent du 11ème au 13ème siècle avant JC !). il y a beaucoup de vases ou de récipients pour la cuisine ou la conservation des aliments. Ces objets sont de toute beauté, inoubliables.
· Les objets en jade.
· Les objets et vêtements de minorités.
· Les pièces de monnaie.
· Les sceaux.
· Les sculptures (principalement des bouddhas).
· La calligraphie.
· Les meubles datant des dynasties Ming et Qing.
· Les céramiques et la technique du céladon.

Ensuite, nous retournons faire un tour sur le Bund et partons visiter Pudong.
C'est donc la zone économique de shanghai. De larges avenues et de très beaux grattes-ciel de verre et d'acier. L'architecture chinoise moderne est assez bien réussi et l'on trouve même des zones arborées qui se reflètent dans les façades. Ce n'est pas laid.

L'après midi, nous faisons un tour dans la vieille ville où l'on trouve de nombreux petits commerces en tout genre (réparateurs de vélo, marchand de chaussures, étoffes, restaurants de rue, marchands d'oiseaux, etc.) ainsi que des sceaux… pour cracher.

Le soir, spectacle au cirque de Shanghai : beaucoup d'acrobates et d'équilibristes… les chinois sont spécialistes.


LUNDI 26/07/99

Suite des visites de Shanghai.
Visite du temple du " Bouddha de jade ", édifié sous la dynastie Qing pour y abriter les statues de deux Bouddha de marbre vert.
Comme à l'accoutumée, ce temple est constitué de bâtiments de bois foncé aux ouvertures très sculptées. Et dans les cours entre les édifices se trouvent des brûloirs à encens, certains produisant des flammes de 1 mètre de hauteur. De nombreuses personnes sont en prière dans les cours. Elles se tiennent debout, tenant un bâton d'encens entre leurs mains, les bras tendus devant elles à hauteur de la tête.
A l'intérieur du temple, se trouvent de nombreux tabourets de prière. Ils sont bas (une trentaine de centimètres de haut), carrés et recouverts d'une housse de soie rouge brodée de motifs floraux sue le siège.
Nous avons l'opportunité de voir de jeunes bonzes en cérémonie pour hommage rendu à un défunt. Ils sont tous habillés de robes jaune safran.
Nous en reverrons plus loin dans un autre temple, le " Temple de Longhua ".

Pour finir les visites de shanghai, nous nous rendons dans une fabrique de " papier découpé " ou une jeune chinoise va nous confectionner un coq gaulois fin comme de la dentelle en dix coups de ciseaux dans papier préalablement plié de façon adéquate. C'est impressionnant de dextérité.

En fin d'après midi, envol vers la ville de Guilin.

Cette ville est fameuse pour son étrange relief karstique où les montagnes en forme de pain de sucre se reflètent dans les lacs et les rivières. Les paysages sont souvent perdus dans des brumes bleutées et cela ressemble un peu à la baie d'Along au Vietnam.

La spécialité du pays est la " pêche au cormoran ". c'est donc ce que nous allons expérimenter.
Nous partons donc de nuit sur des embarcation à constituées de longues pièces de bois (comme des troncs d'arbre pas trop gros), à mis chemin entre une pirogue et un radeau.
A l'extrémité de cette embarcation se trouvent deux lanternes qui éclairent la surface de l'eau noire. Le pêcheur, quant à lui, gère au mieux la marche du " bateau " et le caractère de ses cormorans.
Il tient un long bâton sur ses bras croisés et les oiseaux, un à chaque bout du bâton, sont chargés d'aller chercher les poissons repérés dans l'eau.


MARDI 27/07/99

Aujourd'hui, c'est la promenade en bateau sur la rivière " Li " pour découvrir le relief très particulier de la région.
Nous avons beaucoup de chance car, exceptionnellement, le paysage n'est pas noyé dans la brume. Nous pouvons donc admirer les fameuses montagnes en pain de sucre qu longent la rivière.
Le cour d'eau est très calme et sa couleur va du bleu turquoise au vert amande.
Les petites montagnes sont recouvertes d'une végétation continue mais relativement rase et les berges offrent de belles grèves blondes.
L'ensemble fait rêver.
De temps à autre, nous croisons des pêcheurs sur de frêles embarcations et apercevons aussi des animaux à l'abreuvoir dans la rivière.
Ce qui est très beau, c'est la succession des plans de montagnes.

Dans l'après midi, revenus à Guilin, nous montons au sommet de la " Colline aux couleurs accumulées " qui offre une belle vue sur la ville, la rivière Li et le relief en pains de sucre.

De retour au pied de la colline, nous sommes invités à la cérémonie du thé. C'est à dire à la préparation d'un thé au jasmin dans toutes les règles de l'art qui exigent de multiples manipulations avec les petits bols (ce ne sont pas des tasses) et la théière.
De jolies hôtesses en costume traditionnel de la région se livrent à ce cérémonial.
Les costumes sont à dominante rose, bordés de décorations rouge et or. Les jeunes femmes portent une sorte de toque rouge avec un peu de fourrure sur le dessus.

Pour en terminer avec Guilin, nous avons droit à une autre spécialité du pays : le massage des pieds. Nous sommes installés dans de confortables fauteuils, les pieds trempant dans une bassine pour les décontracter puis les laver..
Et ensuite, le massage… crise de rire assuré pour les chatouilleux.

Après cette expérience unique, nous partons à l'aéroport (moderne) et prenons l'avion pour Canton.


MERCREDI 28/07/99

Visite de Canton.
Le matin, vue de la fenêtre de la chambre (vers le 25ème étage ?), nous découvrons les grattes-ciel de canton noyés dans la brume grise et jaune de la mousson.
On a un impression de pollution mais avec le soleil qui commence à filtrer à travers la brume, c'est un spectacle assez étrange, fantomatique.

Nous commençons les visites par le marché de canton. Ici, une nouvelle fois, on trouve absolument de tout… et même ce que l'on ne voit pas en France.
Commençons par les scorpions (choisis avec délicatesse dans de grandes bassines par les ménagères chinoise… pour agrémenter la soupe !), les tortues, les lézards séchès (le ventre a été ouvert, vidé et étalé de chaque côté de la colonne vertébrale : une fois séché, le lézard ressemble à un petit cerf-volant !), les hippocampes (également séchés), idem pour les canards et les poissons.
Mais ont trouve également des étals de poisson cru, ainsi que des abats suspendus sur des cordes… beurk ! ! !
Et bien sûr, il y a des légumes sec et exotiques de toutes sortes, des fruits, etc.
A cantons, les habitant ont coutume de dire que, mis à part les pieds de la table… tout se mange !

L'après midi, encore un petit temple-musé et une pagode au programme et le soir, le dîner de gala.
En effet, en 1999, Hong-Kong, notre prochaine et dernière étape étaient encore anglaise et Yana, notre guide chinoise ne pouvait pas s'y rendre.
Nous prenons donc le dernier repas avec elle autour d'un magnifique cochon de lait laqué.
Les cuisiniers lui ont mis deux petites ampoules lumineuses rose et clignotantes à la place de yeux…
C'est super ! ! !


JEUDI 29/07/99

Le matin, nous allons prendre un hydroglisseur pour nous rendre de Canton à Honk-Kong.
Juste avent le départ, nous faisons une photo souvenir du groupe avec Yana… elle pleure.
La traversée va durer 2h30 pour rejoindre Hong-Kong.

Une fois arrivés, nous visitons le port (nommé port d'Aberdeen, comme la ville écossaise) à bord de sampans (longues barques couvertes.) Au ras de l'eau, nous nous frayons un chemin entre toutes les embarcations et découvrons, sur les quais, les champs de grattes-ciel de Hong-kong. On ne peut pas dire que ces immeubles d'habitations soient beaux mais cette concentration est quand même impressionnante.
Nous passons également devant un restaurant flottant (le " Jumbo ") dans lequel James Bond 007 aurait réussi à échapper aux méchants qui voulaient sa peau…

Ensuite, nous nous rendons dans un autre quartier pour voir LA PLAGE de Hong-Kong " Repulse bay ".
Elle n'est pas très importante mais ouvre le regard sur un très beau paysage montagneux qui sort de la mer.

Puis, nous allons monter au sommet du Pic Victoria, qui surplombe la ville.
C'est de là que l'on prend la mesure de Hong-Kong et de la beauté du site. Bien sûr, c'est un champs de grattes-ciel, tel que peut l'être New-York, où l'on voit des voies rapides qui semblent s'engouffrer au milieu des constructions sans jamais en ressortir…mais, par dessus tout ça, il y a la baie qui est de toute beauté.
Et il faut reconnaître que tout cet ensemble est magique.

Le soir, tous ces grattes-ciel s'illuminent… c'est un très beau spectacle, surtout si l'on monte en haut d'une tour pour l'admirer.


VENDREDI 30/07/99

C'est notre dernier jour.
Journée libre à Hong-Kong. Pour ce qui est des magasins, cela ne vaut pas la peine car on risque surtout de se faire avoir…
Nous décidons de visiter le centre d'affaire de Kowloon pour voir de près ces fameux grattes-ciel.
En fait, il sont beaux. Verre et acier, bien sûr, mais souvent avec de belles couleurs… bleu, or, noir… le tout très luxueux.

Le soir, dernier dîner rapide en indépendants chez un " traiteur chinois " avant de partir pour l'aéroport pour le vol de nuit.

L'aéroport de Hong-Kong est gigantesque et ultra moderne et je crois qu'il a encore été étendu de puis cette époque.


SAMEDI 31/07/99

Nous arrivons à Roisy II à 6h35 du matin (heure française) après 9637 km de vol et à la tête de 36 pellicules photographiques, soit 1296 photos ! ! !

Programme de la journée : DOR-MIIIR ! ! !

EN CONCLUSION, LA CHINE C'EST :

La " tranquillité ", la " longévité ", la plénitude intérieure, la superstition, la vie considérée comme un art subtil et une totalité, la douceur, l'extrême féminité, des minorités (8% de la population), des travaux titanesques, une nourriture excellente, une très grande civilisation, une population accueillante, des commerçants hors pair, une médecine préventive, des paysages majestueux… Plein de choses à découvrir ! ! !

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