Le carnet de voyage d'Anny, notre amie québécoise.



Rappel : Anny est propriétaire de son texte. Si celui-ci vous intéresse pour un usage non privé, ayez la gentillesse et la délicatesse de lui demander l'autorisation de l'utiliser. E-mail : annythif@yahoo.fr


VOYAGE EN FRANCE
LA SAVOIE ET LA PROVENCE

30 août - 17 septembre 2002

 


Et c'est un départ !!!!

30 août

Il est 19h00. J'ai travaillé toute la journée, de 9h00 à 17h00 au bureau de St-Jérome. Pierre a profité de sa première journée de vacances pour terminer les bagages. Après un gros sous-marin "Subway", on prend nos cliques et nos claques, belle-maman et beau-papa, et on s'en va à l'aéroport de Mirabel. D'un coup d'oeil, on peut facilement reconnaître les français qui s'en retournent chez eux, après quelques semaines de vacances chez nous : quelques-uns portant fièrement leur chemise à carreaux, d'autres leur casquette des Expos, ou leur t-shirt imprimé d'une tête d'indien. ...

"Jamais je n'aurais cru qu'un jour je partirais de l'autre coté du continent" me dis-je, une fois les pieds à bord de mon avion. Je suis fébrile, mais aussi fatiguée, et un peu inquiète de ce qui nous attend l'autre côté. Dame nature a décidé de nous bouder ; il pleut à boire debout sur toute France depuis le mois de juillet. Pfff !!! Bon alors on a pas trop le choix, on a payé notre voyage, on y va !!!


Notre arrivée en France

31 août

Après 6h30 de vol de nuit, nous sommes finalement arrivés à l'aéroport de Lyon. Effectivement, le temps est gris, mais nous espérons toujours un peu de soleil pour notre balade au Mont-Blanc demain. Mais notre escorte de Renault ne nous rassure pas : "Bienvenue en France ! Pays de la pluie et du mauvais temps !" nous dit-il.

"Le paysan prie pour qu'il pleuve, le voyageur qu'il fasse beau, et les dieux hésitent"

Enfin, sur la route!!!

Nous voilà maintenant en route pour notre petite maison de Ronzier. Il est 13h30. Nous devons arriver là-bas avant 18h00. Sur les petites routes de campagne, certains villages médiévaux offrent de beaux points de vue pittoresques.

En cours de chemin, nous nous perdons à quelques reprises avant d'en arriver à comprendre le mode d'emploi de ces fameux carrefours giratoires. La France n'a pas de Nord, ni de Sud, ni même d'Est ou d'Ouest. Les panneaux routiers indiquent seulement la direction à prendre. Faut-il donc savoir vers quelle ville on se dirige, et si par malheur la sortie est manquée, pas de panique, on recommence à tourner en rond pour reprendre la sortie désirée. Le concept est génial pour débloquer les chemins aux heures de pointe, mais attention à la nausée !! Une autre chose étonnante : Il y a tellement de panneaux de signalisation routière et de publicités qu'on ne sait plus où regarder.
Des panneaux partout !!! En bordure de la route, sur les bâtiments et les granges, etc.

Nous arrivons finalement à Ronzier à 17h00. Nous sommes accueillis chaleureusement par monsieur et madame Humbert. Une bouteille de vin en guise de cadeau de bienvenue et un réfrigérateur déjà bien rempli d'oeufs frais pour notre petit déjeuner du lendemain matin. Mais nous devons faire quand même un peu d'épicerie pour le souper de ce soir. Monsieur Humbert nous donne quelques informations sur les marchés de la région, ainsi que des indications pour nous rendre à Cruzeilles. De plus, celui-ci nous avoue que c'est la première fois qu'il rencontre et pensionne des québécois. Pendant notre conversation, monsieur Humbert nous demande si depuis le grand verglas de 1998 nous chauffons au gaz ! Bizarre comme question ! ;-)

Sitôt les pieds dans le village, nous passons devant quelques boucheries et boulangeries. Nous sommes en France, alors profitons-en !!! Pains, vins, fromages et pâtés pour le souper !! En marchant, nous passons devant un bistro. Quelques bons messieurs nous saluent. Les gens devinent donc facilement que nous sommes pas de la région.
Avons-nous l'air québécois ? Pierrot pense que oui !!! Nous sommes des étrangers dans un petit village. Évidemment, impossible d'être incognito ici ! Après avoir terminé nos emplettes, nous retournons à la maison. Le souper fut bon !! et le sommeil bien reposant !!


Annecy, Venise des Alpes

1er Septembre

En me levant ce matin, je me dirige directement à la fenêtre : Le soleil ne sera pas au rendez-vous aujourd'hui, tant pis !!! Nous décidons donc de ne pas aller à Chamonix et d'aller plutôt à Annecy, faire notre marché.

Parait-il que le marché de la rue Sainte-Claire est l'un des plus beaux de France ! Tout bon touriste se doit d'aller au moins une fois dans un marché français. La Haute-Savoie et la Provence ne manquent pas de ces marchés. Du lundi au dimanche, on peut s'approvisionner de produits régionaux frais, ce qui coûte moins cher qu'un repas au restaurant. Quoi de mieux que de se remplir l'estomac en dégustant un bon bout de fromage par ici et un peu de vin par là ! Même pas besoin de prendre le déjeuner !

Après avoir acheté un morceau de Reblochon, du pâté de campagne, du pain et de la tomme de Savoie, nous décidons de nous promener un peu dans la ville avant de retourner à la maison. Sur la promenade Jacquet, entourée de cyclistes, de gens qui pratiquent le patin à roues alignée et le jogging, une constatation me vient à l'esprit : les hommes et les femmes sont d'une minceur incroyable !! Pourtant la cuisine Savoyarde n'est pas de ce qui est de plus amaigrissante ! Les français n'ont-ils pas la réputation d'être des bons amateurs de grande bouffe ??? Soudainement, j'entends ATTENTION !!! ; un cycliste se dirige vers moi comme une bombe et ne prend même pas la peine de me contourner... OUFFF !!!

Après quelques heures de marche, je n'en peux plus, le décalage horaire me rattrape. Pierrot lui semble en grande forme, je dois donc insister pour le convaincre d'aller faire la sieste. Une fois arrivés à maison, je m'allonge et je pars pour deux heures dans les bras de Morphée. ;-)

Les Gorges du Fier

Nous décidons d'aller à Lovagny, situé à 10 km d'Annecy, pour aller visiter les Gorges du Fier. Le Fier, principale rivière de la Haute-Savoie, prend sa source à 2019 mètres d'altitude, au pied de la cime du Mont-Charvin. Le Fier se jette dans le Rhône à Châteaufort, en aval de Seyssel, parcourt les vallées de Manigod et de Thônes, traverse le défilé de Dingy-Saint-Clair, puis la plaine d'Annecy et atteint le bas du Château Montrottier, où il a creusé les célèbres Gorges. Une passerelle en bois, située à 30 m au-dessus du lit du Fier et entre deux parois excavées en "marmites", permet d'admirer ce phénomène d'érosion par les eaux courantes. Les lieux ont étés aménagés entre 1868 et 1869 par Marius Vallin. Celui-ci mourut le 3 juin 1889, pendant la reconstruction des galeries ayant subi des dégâts après une grande crue. Un peu plus loin, lors de la promenade, on peut apercevoir un pont, qui d'après une légende, aurait été construit à l'endroit même où le seigneur de Pontverre aurait précipité un page. Un énorme bloc de pierre aurait été posé là par une fée compatissante, marquant ainsi la tombe du jeune page. Un sentier aménagé permet d'accéder à un belvédère. De ce belvédère, on peut découvrir la Mer des Rochers, un vaste labyrinthe de blocs fissurés où le fier disparaît. Après une accalmie dans ce labyrinthe, le torrent reprend son chemin.

Le chemin du retour se fait en empruntant la même passerelle. Au dessus du portail des Gorges, on peut remarquer le château de Montrottier, architecture militaire savoyarde, situé sur une butte isolée. Construit entre le 13e et 16e siècle, ce château fermait la route Chambery-Genève.

Et le soir venu...

Avant de nous coucher, nous préparons notre journée à Chamonix, mais je suis découragée. Encore de la pluie de prévue pour demain, et même pour toute la semaine !!! Pfff !!! Je pleure de désespoir. Notre plus belle expédition à l'eau !!! ;-) On ne va pas se taper deux semaines de pluie !!! NON MAIS C'EST PAS VRAI !!! Pierre est aussi déçu que moi, mais il essaie quand même de me remonter le moral : "Je suis certain qu'il va faire beau demain !!" Me dit-il. Après quelques minutes de crise, je me calme. On ne peut rien y faire de toute façon. Au pire, on changera encore notre itinéraire. Sur ces belles paroles d'espérance et d'encouragement de Pierrot, je m'endors le coeur rempli d'amertume et de colère.


Chamonix-Mont-Blanc

2 septembre

"La vallée de Sallanche est un théâtre, la vallée de Servoz un tombeau, la vallée de Chamonix
un temple" (Victor Hugo)

Et oui !!! Ce matin, il pleut à boire debout à Ronzier. Bon, alors nous décidons quand même d'aller à Chamonix dans l'espoir d'y trouver un peu de soleil. Sur la route, la pluie cesse mais la brume domine les montagnes. Les conditions routières sont médiocres, on ne peut pas voir à plus de 10 m devant nous. L'animateur de radio d'Europe 2, Cauet, se donne un malin plaisir à ridiculiser l'un des concurrents éliminé à Star Academy. Son seul crime aura été de chanter Casser la voix de Bruel, mais sa sentence sera terrible. L'enregistrement de cette performance médiocre sera mixée sur différents airs musicaux à chaque jour : rap, rock, dance, pop, etc. Le pauvre sera le souffre-douleur de la station radio toute la semaine.

Une fois arrivés à Chamonix, bye bye nuages !! Welcome soleil !!! Vers le ciel, la montagne déploie la grandeur de ses sommets. Soudainement, j'me demande si je vais être capable de me rendre jusqu'en haut. La peur du vertige me domine. La montée vers l'Aiguille du midi se fait en plusieurs étapes et nécessite l'emprunt de plusieurs téléphériques. Pierrot insiste pour faire l'ascension complète. Évidemment, le budget à prévoir pour aller-retour est à la hauteur des attentes. Une fois arrivés au kiosque, encore une déception. Parait-il qu'il fait tempête en haut, donc pas de montées de prévues avant 10 heures. En voyant la ruée de japonais qui s'amènent vers le kiosque du téléphérique, nous décidons de nous précipiter rapidement vers la gare du Montenvers. ;-)

Chamonix est l'un des trois sites les plus visités au monde. La ville accueille des alpinistes du monde entier et possède même sa "compagnie des guides" pour l'organisation de randonnées, et son peloton de gendarmerie de haute montagne pour les secours en montagne. Dans le petit train du Montenvers, qui nous mène lentement vers la Mer de glace, nous constatons que nous sommes en compagnie de guides et de randonneurs allemands, anglais, français et québécois. Le train n'est pas complet, puisque qu'il est encore tôt (9h30), ce qui nous permettra sans doute de profiter du paysage sans se faire marcher sur les pieds par une foule de touristes en recherche de sensation forte comme nous ;-). Arrivés à la Mer de Glace, le spectacle est splendide. Sur le glacier, on peut voir les alpinistes arpenter les sillons bien visibles du haut de la terrasse accueillant les visiteurs.

À 10h00, le premier téléphérique nous descend aux pieds du glacier, afin d'aller visiter la grotte de glace. Il s'agit ici d'un appartement creusé dans les entrailles de la Mer de Glace par les "Grottus". Quelques mannequins sont dispersés à l'intérieur des appartements pour la rendre plus attractive, j'imagine. On incite les visiteurs à se faire photographier avec Bethoveen, un gros St-Bernard. A bien y penser, la grotte de glace est notre plus grande déception (mis à part la température) depuis le début de notre voyage.

La mer de glace est un glacier immense. Si l'envie de vous aventurer au-delà des sentiers aménagés vous prend, sans guides ni équipements, vous risquez de vous faire interdire l'accès par les "Grottus", même si ce n'est que pour prendre quelques photos. Moi qui espérait quelques photos hors des sentiers !! ;-) Tant pis !! On décide de remonter sur la terrasse afin de prendre le prochain train pour retourner à Chamonix.

Après un beignet, un yogourt, et une liqueur (beau repas nutritif !!), on entreprend notre montée vers l'Aiguille du Midi. Celle-ci se fait en trois étapes. La nacelle suspendue à plusieurs mètres du sol me donne des vertiges… Je m'enlace contre mon Pierrot.

A la première étape, le "plan de l'aiguille", on peut déjà avoir une vue d'ensemble de la vallée de Chamonix et des sommets supérieurs du Mont Blanc. A la deuxième étape, le "piton nord", la montée des marches pour se rendre sur la terrasse peut être un calvaire pour les fumeurs ou les sédentaires comme moi ;-) Etant donné la haute altitude, l'air commence à manquer, le coeur bat donc un p'tit peu plus vite quand on a pas la forme ;-) Je dois donc m'étendre complètement sur la terrasse pendant une quinzaine de minutes pour reprendre mon souffle. A ce moment, je décide de ne pas entreprendre la dernière montée. J'ai le vertige et mon cœur bat la chamade. Mais Pierrot, encore une fois, insiste. Sur nos pas, en direction du dernier téléphérique, un homme dans la quarantaine "gravit" péniblement les marches, accroupi contre la rampe, le visage rouge et le souffle court. Voyant que je lui jette un coup d'oeil moqueur, il me dit "je sais, je devrais arrêter de fumer !!!" Sur ses mots, je lui souris. ;-)

Au "piton central", les sommets sont cachés sous un ciel nuageux. Cinq minutes plus tard, mes efforts pour combattre mes vertiges sont récompensés. Les mots sont simples, le paysage est époustouflant. Nichés sur les rampes, des oiseaux se laissent littéralement plonger vers le bas, comme des prédateurs, sur des miettes de pains jetées par les visiteurs. Ceux-ci ne semblent pas intimidés par notre présence, et se laissent même photographier sans crainte. Après 15 min, la terrasse commençant à être envahie de visiteurs, nous décidons de reprendre la gare du téléphérique vers Chamonix.

Quelle chance d'avoir eu ce soleil pour notre montée à la Mer de Glace et à l'Aiguille du Midi, puisqu'une fois arrivés à Chamonix, les nuages regagnent les ciel et une légère pluie se met à tomber. A 15h30, après avoir effectué une petite balade dans la ville et fait quelques achats, nous reprenons la route vers Cruzeilles , bien satisfaits de notre journée.


Yvoire

3 Septembre

Comme un poisson dans l'eau...

Encore de la pluie ce matin. Notre moral est à son plus bas niveau : Pierre est fâché et moi je suis déprimée. Madame météo à TF1 annonce toujours de la pluie, jusqu'à samedi. Rien de trop encourageant. Nous devions aller faire une balade aux alentours du lac d'Annecy aujourd'hui, mais nous décidons de remonter vers le nord dans l'espoir de trouver un peu de soleil. Notre premier arrêt : Amphion-les-Bains. Jusque là, rien d'intéressant, mis à part le kiosque d'information touristique où la préposée semble se tourner les pouces. Sur les bons conseils de celle-ci, nous décidons de faire direction Evian-les-Bains, ville de réputation internationale grâce à ses bouteilles d'eau minérale Evian !! Je n'ai aucune envie de passer la journée là-bas, mais on a pas le choix : faut profiter au maximum de notre voyage, sinon à quoi bon d'avoir payé autant d'argent pour un voyage en France !!!

Arrivés à Evian-les-Bains, toujours pas de soleil. Une petite marche sur les bords du lac Léman nous permet d'observer quelques individus habitant le secteur : cygne, muets, foulques, cormorans etc. Sur les rives du lac, un grand cygne semble pas trop content de notre présence. Plumes hérissées, ailes retroussées et cou bien droit, celui-ci nous observe et nous suit tout le long de notre promenade dans l'espoir de nous intimider. La ville ne m'impressionne pas énormément. Les activités qui s'y déroulent sont plutôt mondaines : croisières, casinos et cures thermales... Rien d'intéressant à mon avis... Sauf pour les gens qui sont suffisamment riches pour se permettre de telles dépenses. ;-)

Pierrot me propose de prendre le traversier pour aller continuer notre balade de l'autre coté du Lac Léman, en Suisse. Une visite du musée olympique de Lausanne serait bien intéressante, mais le coût élevé des billets pour la traverse nous incite à rebrousser chemin vers Yvoire, l'un des plus beaux villages de France. Sur notre chemin, le soleil se pointe finalement, ce qui me rend un peu plus de bonne humeur...

Yvoire est un village fortifié et habité depuis le 12e siècle. En passant sous les voûtes des deux tours à l'entrée du village, les petites rues descendantes et caillouteuses sont parsemées de maisons étroites, de boutiques d'artisanat, de galeries et de jardins. Les ruelles fleuries conduisent au château et au port. Nous passons finalement le reste de l'après midi à flâner dans le village et à profiter des plaisirs de Bacchus avant de retourner à Cruseilles.

De retour à Cruseilles, nous décidons d'arrêter dans une boucherie. A partir du moment où je m'ouvre la bouche pour commander quelques pâtés et des saucisses pour le souper, notre boucher ne peut s'empêcher de s'exclamer : "AH !!!! vous vous êtes canadiens !!!! "Avec ses yeux écarquillés, le sourire étampé sur son visage, ses mains qui gesticulent de haut en bas et d'avant en arrière, on peut comprendre que c'est l'extase pour lui. Monsieur commence à nous raconter le voyage qu'il a fait au Canada avec son groupe de pompiers volontaires, son séjour dans une famille de bûcherons au Lac St-Jean, sa rencontre avec les huron-Wendat, à Québec , son ascension de la tour du CN à Toronto, sa randonnée en motoneige, etc. En l'écoutant parler, j'essais de comprendre pourquoi le Québec impressionne autant les français : est-ce une question de langue, d'espace, de culture ?
Monsieur ne me laisse même pas placer un seul mot, une seule question et me coupe même la parole. Je suis d'abord abasourdie devant autant d'émerveillement de sa part, puis je deviens finalement irritée face à son manque d'attention et d'écoute. Finalement, celui-ci termine son récit en nous disant : "Vous les québécois, vous êtes gentils !! Vous klaxonner même pas si quelqu'un décide de s'arrêter un moment devant vous, en voiture ! Quelle patience ! Sur ces derniers mots, nous réglons la facture sans rien dire, et prenons direction centre-ville pour finaliser notre épicerie. ;-)

Les français et le Québec, commentaire de Karlotox...

"...tu as du tomber sur un toto, un neuneu du cru... Néammoins il est vrai que le Québec fascine souvent les français. Pourquoi ? Difficile à dire, probablement un mélange de choses. Déjà, c'est l'amérique qui parle français et donc pour l'orgueilleux gaulois cela correspond à quelque chose qui l'intéresse. Au niveau de la sympbolique, la langue française en amérique du nord, c'est aussi Astérix et le petit village qui se défend seul (avec l'aide de la potion magique) contre les romains qui les encerclent... Et ça c'est un trait de caractère que les québécois et les français partagent probablement (les gènes culturels peut être ???) Ensuite, bien sûr, la grandeur du territoires suscite de l'intérêt."

Et le soir venu...

Jusqu'à maintenant, nous passons nos soirées devant la télévision. Sur les ondes de TF1, l'émission qui gagne le plus de cotes d'écoute en France en ce moment est Star Academy. Seize concurrents sont enfermés dans un château et reçoivent des cours de chant, de danse, de théâtre et de gym. Chaque semaine, trois concurrents, jugés comme étant moins performants, sont pré-éliminés par leurs professeurs. L'un sera sauvé par le public, le deuxième repêché par les autres participants, et finalement le troisième sera mis à la porte. L'émission ressemble à Survivor, mais le concept est beaucoup plus cruel à notre avis. Soudainement, quelque chose me revint à l'esprit : Julie Snyder est entrain de produire la même émission au Québec !!!!


Et le reste de la semaine

Que de la pluie et de la brume en Haute-Savoie toute la semaine !!! Ceci a complètement gâché notre voyage. Nous n'avons qu'une seule chose en tête : prendre la route vers la Provence. Malgré tout, nous avons réussis à occuper notre temps en effectuant quelques randonnées en forêt, dont la forêt du Crêt du Maure, où de merveilleux et jolis champignons ont fait mon p'tit bonheur de photographe amateur. Nous avons également visité la fromagerie Reblochon, et dégusté quelques bons vins et fromages lors du salon gastronomique de Thônes.


Oppèdes

7 septembre

Départ pour la Provence ce matin. Nos hôtes nous ont donné comme cadeau une bouteille de Chardonnay, provenant de leur vignoble familial. De plus, nous avons eu droit à de délicieuses framboises grosses comme des fraises, ainsi que des pruneaux très sucrés. Dernières salutations et hop !!! En route vers la Provence. Sans trop de difficultés (même si nous nous sommes égarés un peu en cours de chemin) nous nous rendons en direction d'Oppèdes. A mesure que nous descendons vers le sud, les paysages montagneux et brumeux de la Savoie laissent place graduellement au soleil, aux vignobles et aux maisons provençales de couleur ocre. Quel paysage !!

Arrivés à notre petite maison d'Oppèdes, quelles ne fut pas notre surprise d'être accueillis par un vieil espagnol ne parlant pas un seul mot français. Avec un peu de patience et déduction, nous finissons par comprendre que monsieur est le beau-papa du propriétaire de la maison, et que celui-ci ne tardera pas à venir nous saluer. Oh maudine!! Notre maison n'est pas prête !!! Grr !! Semble-t-il que les 3 filles qui nous ont précédé ont foutu le " bordel " et sont partis à 8 heures ce matin en catimini. Monsieur Feraud nous demande de revenir dans une heure : "Allez !! Tout sera prêt quand vous allez revenir !! allez !!! nous dit-il en balayant la main dans un mouvement de vas et viens. Nous sommes déçus, mais nous décidons d'aller faire notre marché en attendant que le ménage soit terminé. J'en profite également pour laisser un message sur la boîte vocale de Benoît, lui ayant promis de l'appeler en arrivant en Provence. De retour à la maison, les bras chargés de sacs d'épicerie, nous constatons que les lieux semblent joliment décorés, mais qu'une odeur "de renfermé" plane dans toute les pièces, ce qui me met un peu de mauvaise humeur. De plus, le réfrigérateur ne fonctionne pas. Je suis donc obligée de faire appeler le propriétaire par le beau-papa, monsieur Feraud ayant quitté les lieux avant que nous arrivions à la maison. Selon monsieur, le réfrigérateur fonctionnait avant que nous arrivions !! Ça commence mal notre séjour ici !! Je suis déjà très fâchée ; ( Pierrot a eu la bonne idée de lancer le dégivreur sans le savoir avant que monsieur Feraud arrive). Bon, celui-ci nous dit de placer quelques casseroles et tout devrait rentrer dans l'ordre. "Allez !!! Ça va refonctionner une fois que tout sera dégivré ! Allez !! Nous dit-il avec son accent marseillais.

Avant le souper, nous décidons d'aller faire un tour à Cavaillon, gravir la colline Saint-Jacques. De là, nous avons une vue étendue sur la ville et le Luberon et les Alpilles. Un homme m'aborde lors de la descente de la colline : - "Vous n'êtes pas de la région vous !" - "Eh non !!" que je lui réponds ! Je continue mon chemin en me demandant comment les gens arrivent-ils à savoir que je suis touriste. Quelles sont les caractéristiques physiques et vestimentaires qui me démarquent de tous les français habitant cette ville...


Sète

8 septembre

Quand les dieux sont tombés sur la tête..


La levée du matin ne fut pas très pénible, le couché du soir s'étant fait à 21h00 hier ;-) Mais évidemment, pour faire changement, le temps est gris et semble vouloir s'envenimer. Eh oui !! Encore de la pluie de prévue pour aujourd'hui ! Et même des orages ! Tant pis !!

Sur le chemin, la pluie se fait violence et nous sommes obligés d'arrêter dans une halte routière, la visibilité sur l'autoroute étant nulle. Après un café et une brioche, j'essais de rejoindre encore une fois Benoît, en espérant de ne pas tomber une deuxième fois sur son répondeur. A coté de moi, j'ai madame pipi qui reçoit ses pourboires pour ses bons services. Beaucoup de gens circulent dans le corridor et je crains d'avoir du mal à entendre au téléphone : "Oui allô ?"

"Ben s'il-vous plaît !!"

Au bout de la ligne j'entends un petit éclat de rire. Je ne prends pas la peine de me présenter, puisque je sais que Ben m'a reconnu...

"Ça va ?"

"Ouais, ça va, je suis entrain de préparer mes examens pour mercredi.."

"Oh j'm'excuse !"

"Mais non, tu me déranges pas"

"Alors, si t'as le temps, on pourrait se rencontrer tel que convenu ?"

"Ouais, on pourrait aller prendre un café"

"On pourrait peut être se rejoindre dans un bistro vers 19h00 et après aller manger ?"

"Ouais, c'est ce qu'on fait d'habitude le vendredi soir entre copains"

"Tu serais disponible quand ?"


"Après mercredi, jeudi ou vendredi"

"J'vais te rappeler pour confirmer, on devrait être à Avignon jeudi ou vendredi, ça va dépendre de la température"

"Ok, j'attends ton appel"

"bye !"

Puis, nous reprenons la route vers Sète. La pluie cesse de tomber, mais le temps reste toujours couvert. Ville de Paul Valéry et Georges Brassens, Sète est un port de commerce et de pêche. Pierrot veut rendre un p'tit hommage à Georges Brassens. Nous nous rendons donc au cimetière. Mais petite déception. Les lieux sont bondés de touristes ayant eu la même idée que Pierrot ;-) L' hommage se limite donc à quelques photos et 30 secondes de film. Avant de nous rendre au musée de Georges Brassens, Nous allons au centre-ville de Sète pour prendre un repas typiquement méditerranéen.

L'Espace Brassens est un musée où les visiteurs peuvent entendre Georges Brassens raconter sa vie au fil des diapositives grâce à des écouteurs. Des écrits, lettres et photographies sont également exposés et pour terminer la visite, un film est présenté dans une salle de projection. Bref, les idoles de ce poète reparte avec leur petit bonheur bien satisfait.

Après la visite du musée, nous entreprenons une petite balade au centre-ville. Sur la promenade qui longe le grand canal, on peut y voir maisons aux couleurs pastels et ornées de balcons en fer forgé. Au premier coup d'oeil, tout cela semble bien joli. Cependant, la vue du bas semble bien moins jolie que la vue de haut. Des crottes de chiens partout !!! Malgré le fait que nous devons regarder où nous marchons, nous sommes enchantés par l'ambiance qui règne dans la ville. Mais notre balade ne dure pas très longtemps. Nous sommes fatiguées et nous en avons marre de marcher parmi les crottes de chien. Nous reprenons la route pour retourner à Oppèdes.

A mesure que nous dirigeons vers l'Est, le retour devient de plus en plus inquiétant. Le temps se dégrade et sur la nationale 100, on peut apercevoir les éclaires et les orages s'abattrent sur Avignon. La vue est impressionnante. Il est à peine 17h00 et pourtant, nous avons l'impression que la nuit tombe. En cours de chemin, j'essais de convaincre Pierre de changer notre itinéraire pour cette semaine. L'idée de me rendre à Marseille me trotte encore dans la tête. J'ai peur que dame nature nous gâche encore cette dernière semaine de voyage. Alors j'aime mieux aller voir Laure, à Marseille, au lieu de rester à la maison. Après plusieurs minutes de discussion et de négociation, Pierre accepte finalement, mais avec beaucoup d'appréhension, de changer notre itinéraire. D'une cabine téléphonique, je réussis à rejoindre Laure. Il va sans dire que celle-ci est bien surprise de recevoir mon appel. Nous prévoyons notre rencontre au Vieux Port de Marseille, mardi soir à 20h00. Par la suite, j'appelle Tarik. Celui-ci m'avait gentiment menacé d'arrêter nos correspondances si je ne l'appelais pas une fois arrivé en Provence. Pourtant, à en comprendre sa réaction au téléphone, il n'attendait pas mon appel. Même qu'il ne me reconnaît pas du tout. J'dois lui rafraîchir la mémoire :

"Ta correspondante québécoise !!!!!!!!"

"Ah oui !!!! Dis-donc, c'est bizarre ton accent !!"

"J'ai appelé Ben ce matin, et j'pense qu'il n'a rien compris quand j'lui ai parlé ;)"

"Ah! Ben est lent le matin ! :-) Alors, tu as fait un bon voyage ?"

"Non, que de la pluie durant tout le voyage"

"C'est moche ça !"

"Tu est entrain de préparer tes rapports, tes examens ?"

"Mouais !! Je fais mes rapports, mais j'ai accumulé du retard"

"Paresseux va!! J'vais rencontrer Ben jeudi ou vendredi, toi t'es disponible quand?"

"Après mercredi, sans problème"

"J'te rappellerai pour te dire quelle journée que je serai à Avignon"

"ok !"

"Bonne soirée Tarik ;-) !"


Le Luberon

9 septembre


"Les petites pluies sont longues, les tempêtes soudaines sont courtes"

La nuit fut agitée. Nous avons à peine dormi étant donné la violence des orages qui se sont abattus sur la provence. Je me suis même demandé pendant un instant si les fenêtres allaient éclater, ou les volets s'envoler sous la force du vent et de la pluie. Les nouvelles ce matin sont inquiétantes. Jusqu'à 600 mm d'eau sont tombés en 24 heures dans certains départements, ce qui a fait gonfler les cours d'eau provoquant inondations et coulées de boue. Les départements du Hérault et du Vaucluse ont été durement touchés, et le Gard a subi un véritable déluge. Des vignobles, les mondialement célèbres "Côtes du Rhône", sont complètement inondés au bords de la N580. Dans certaines régions, les paysages sont ravagés : routes endommagées, ponts écroulés, habitations noyées, véhicules engloutis. Pour ajouter à l'horreur : des dizaines de morts et de disparus, dont quelques touristes. Bref, Rien de bien rassurant. Des routes sont fermées en direction d'Orange, Avignon et Nîmes.

Moi et Pierrot sommes désespérés. Il me vient à l'esprit de plier bagage et de reprendre l'avion pour Mirabel. Je tourne en rond pour extirper ma rage. Les belles phrases de monsieur Derome (notre agent de voyage) trottent dans ma tête et me mettent encore plus en colère : "Vous allez voir !! Vous aurez la piqûre !! Ca sera un beau voyage !! Vous aller aimer !!" Sur le coup, j'ai une envie d'aller appeler la famille pour leur exprimer ma détresse. Mais à bien y pensez, c'est une très mauvaise idée. S'il fait beau et chaud au Québec, cela pourrait bien me déprimer encore plus. Au programme aujourd'hui : le Luberon. Premier arrêt : Gordes.

Niché sur une falaise, Gordes offre une belle vue sur le Luberon. Etant le site le plus touristique du Luberon, Gordes débordent de touristes d'avril à septembre. Mais aujourd'hui, le village est très calme. Le temps est gris, frais, et le mistral nous fait tenir chapeau et casquette. Gordes est agréable à visiter, mais un peu essoufflant. Les ruelles montent et descendent. Après quelques clics de mon appareil photo et de jolis achats, nous continuons notre route vers Roussillon.

Village perché du Luberon, Roussillon permet de découvrir l'ocre dont les façades des maisons sont badigeonnées. C'est au lever ou au coucher du soleil que les couleurs chaudes de l'ocre sont les plus nuancées, mais aujourd'hui la couleur grisâtre du ciel ne favorise pas toute la beauté du village. Nous voulons faire une randonnée dans le sentier des ocres mais de gros nuages noirs apparaissent soudainement et planent dangereusement au dessus de Roussillon, ce qui nous oblige à rebrousser chemin en courant pratiquement vers la voiture. Déçus, nous mangeons notre dîner dans la voiture, puis faisons direction vers Ménerbes, pour aller visiter le musée du Tire-Bouchon. La pluie tombe violemment, et quelques fois nous devons changer de route car certaines sont complètement inondées.

Le musée du Tire-Bouchon ! Voici un musée possédant une impressionnante collection de cet indispensable instrument ! Plus d'un millier de Tire-Bouchon de toutes les formes imaginables y sont exposés. Ils s'agit du seul musée au monde qui offre un verre de vin ! Evidemment, nous en sortons complètement réchauffés ! (mais pas bourrés !), prêt à entamer une visite de la Grotte de Thouzon...

La grotte de Thouzon fut découverte en 1902, lors de l'exploitation d'une carrière. Très facile à visiter, celle-ci nous offre toute sa douce beauté, grâce à ses impressionnantes stalactites jaunes et ors qui la ornent, et au lit fossile d'une rivière qui la traversait, jadis, il y a très très longtemps. Bon, et voilà, nous avons terminé notre balade pour aujourd'hui !
Il ne pleut pratiquement plus, mais nous sommes fatigués et nous devons préparer notre escapade à Marseille. A demain !


Marseille, la mal aimée

10 Septembre


"Il y a des villes plus jolies et moins dangereuse à visiter que Marseille" m'a dis mon agent de voyage lors de notre première rencontre. Selon monsieur Derome, Marseille une ville est très risquées pour les touristes. Pour nous tenter de nous décourager, celui-ci nous cite quelques histoires d'horreur. A son avis, Marseille accueille trop d'immigrants, ce qui contribuerait à augmenter la criminalité dans cette ville. Marseille a toujours été une terre d'asile. Je suis mal à l'aise fasse à ses opinions et de plus, malgré tout ses récits de vols et d'attaques, je veux aller voir Marseille. Mais Pierrot ne veut pas aller à Marseille, ça le stresse trop !! "J'ai peur de me perdre !, c'est trop gros !!!" me dit-il : ( Trop tard ! Laure nous attend ! )

Marseille est la deuxième plus grosse ville de France après Paris. Plus de 1.349 772 habitants et 2600 ans d'histoire. La première impression qu'on a lorsqu'on arrive en banlieue de Marseille est que l'endroit semble particulièrement sinistre, ennuyeux et pollué. Mais à mesure qu'on avance vers la ville, les architectures mornes et laides laissent place à un paysage beaucoup plus intéressant. Nous nous rendons dans un stationnement payant situé dans le Vieux Port. En marche vers un kiosque touristique, je suis impressionnée par le niveau du bruit. Il est 9h00 du matin. C'est donc l'heure de pointe, et l'intensité sonore atteint certainement les 110 décibels avec toutes ces bruits de moteurs et de klaxons. Je me sens agressive après 15 min de marche dans toute cette pollution sonore. Je décide donc de mettre mes bouchons anti-bruits. ;-)

Le Vieux Port est le coeur de Marseille. C'est ici que les grands événements ont lieu, que l'on vient fêter les grandes victoires de l'OM, et que le marché aux poissons a lieu tous les matin. C'est aussi au Vieux Port que les restaurants et les cafés proposent leur bouillabaisse. Les poissons dans cette soupe me sont totalement inconnus : racasse, saint-pierre, fielas, galinettes, vives, etc. On est bien loin de la bouillabaisse madelinienne où baignent dans un bouillon crémeux coques, palourdes, homard, crevette, crabes et pétoncles !! Semble-t-il que préparer une bouillabaisse marseillaise est tout un art, et que la qualité se paye par le prix ! ;-)

Nous passons la journée à nous balader dans le vieux Marseille. Sur le quai des Belges, plusieurs vedettes proposent des excursions aux îles ou vers les calanques. La plus populaire d'entre elles, l'île du château d'If, fut popularisée par Alexandre Dumas. Il fit enfermé dans le château d'If trois de ses héros : le Masque de fer, le comte de Monte-Cristo et l'abbé Faria. Nous voulons faire cette excursion en mer, mais il n'y a aucun départ de prévu aujourd'hui, le vent étant trop important. Nous sommes déçus. En marchant le long du quai, je suis impressionnée par l'amas de bateaux de plaisance ancrés en rangs très serrés. Des gros voiliers, des yacht reluisant au soleil et des ferries...

Deux forts ont été érigés à l'entrée du Vieux Port. Le fort St-Jean et le fort St-Nicolas (édifiés par le roi René et Louis XIV). Contrairement à ce que l'on peut penser, le but de ces tours n'était pas de veiller sur Marseille, mais de s'en défendre, de calmer les marseillais trop rebelle. Notre balade nous mène finalement à l'esplanade de la Tourette, au pied des cathédrales de la Major. La nouvelle Major a été construite au 19e siècle et a entrainé la destruction des cloîtres et baptistères de la vieille major, architecture de style provençale-romane, édifiée à l'emplacement même où Lazare, Marie Salomé et Marie-Madeleine auraient débarqué.

Nous terminons finalement notre journée dans un centre d'achat. Dans les escaliers roulants du centre, trois adolescents crient, courent et s'envoie, de la main, des signes très hostiles. L'un d'entre eux adresse la parole à Pierre en pointant du doigt ses autres camarades. Je suis derrière lui et j'examine attentivement ses faits et gestes. Je remarque que Pierrot semble aussi alerte que moi et il ne quitte pas des yeux son interlocuteur. J'me dis à ce moment que si jamais il met la main dans les poches de Pierre, il risque d'être bien déçu puisque Pierre cache son portefeuille dans ses culottes. ;-)

Laure nous a donné rendez-vous au Mc Donald au Vieux Port à 19h00. Le soir venu, nous décidons d'aller se désaltérer à l'Hippopotamus en attendant l'heure du rendez-vous. La bière entre bien dans nos estomacs. En l'espace d'une heure je réussis à caller deux bières, ce qui sera une grosse bêtise de ma part. L'ambiance du bar est plutôt cool.

Lorsque Laure se pointe, nous remarquons que celle-ci est accompagnée de deux gars. Sur le coup, je ne reconnais pas Olivier. Puis lorsque que je vois Fredo arriver, je réalise qu' elle a avisé tout le monde de notre visite à Marseille. Le groupe décide d'aller prendre un apéritif dans un bistro avant le repas. Sans dire un mot, je me promet de ne prendre qu'une seule bière. Mais il arrive parfois qu'on a pas le contrôle de la situation. Surtout quand les gens sont très généreux. En tout, j'ingurgite 3 bières. Aussitôt que je termine un verre, quelqu'un d'autre m'en paye un autre. Lorsque qu'à 21h00 nous nous levons pour nous diriger chez Laure, je ressens une lourdeur dans mes jambes. Chaque pas me demande un effort considérable, mais le pire reste à venir :-(

Arrivé chez Laure, nous nous attablons. Au menu : Des fromages, des charcuteries et de la daube cuisinée spécialement par la maman d'Olivier. Pour accompagner le tout, du vin !! Soudainement, mon estomac se serre comme un étau. Bref, je réalise l'horreur de la situation. Je ne pourrai pas manger et je risque fort bien de décevoir mes hôtes. Rien avoir avec les effets habituels d'un petit excès d'alcool. C'est comme si mon estomac se repliait sur lui-même, voulant empêcher tout introduction de nourriture ou de boisson, afin de se laisser un petit moment de répit après les cinq bières. De plus, durant tout le souper, les discussions tournent autour de la bonne cuisine, ce qui n'aide aucunement à la situation. Oh que Dieu j'ai mal à l'estomac !!! Mais qu'est-ce que j'vais faire !! Olivier remarque mon état... Je dois donc avouer à tout le monde que j'avais déjà pris 2 ou 3 bières avant leur arrivée et que maintenant, je fais une indigestion. Fredo me dit à ce moment là : "Faut jamais prendre l'apéritif avant les français !!" Sur ses mots, j'me promet de ne pas refaire la même erreur et de suivre ce précieux conseil. Le repas se prolonge jusqu'à 1h30 du matin. Malheureusement, je ne réussi qu'à manger deux ou trois bouchés de daube, et à boire qu'une seule canette de Sprite. Après quelques excuses, et des au revoirs, nous reprenons le chemin du retour...


Les Alpilles

11 Septembre

Aujourd'hui, le soleil est au rendez-vous. Nous allons visiter "Les-Baux-de-Provence", un magnifique village qui s'est vu offrir le titre du plus beau village de France. La visite du village se fait à pied, ce qui permet d'apprécier toute la beauté de ce village : falaises, anciens remparts, citadelles démantelées... Et toute cela au gré du vent ! Mais quel vent !! Le mistral est plutôt agressif ici ! La visite de la Citadelle se fait à l'aide d'un audioguide, petite commande qui ressemble à un téléphone et dont le canal peut être changé selon le numéro du tableau, de l'objet ou du paysage à contempler.

Arles : trois étoiles dans le Guide Michelin Vert ! Nous ne voulons pas rater cette occasion d'aller voir cette ville ! Donc après un avant-midi aux Baux-de-Provence, nous reprenons la route. En chemin, petite halte à Fontvieille, histoire d'aller rendre une petite visite au Moulin Daudet, un moulin à vent dont le nom fut donné en l'honneur de d'Alphonse Daudet, écrivain renommé dans la région. Quelques photos ! Clic !! Puis nous repartons aussitôt !

Arrivés à Arles, nous sommes excités d'aller visiter l'amphithéâtre. Mais quelle déception !!!
Depuis 1846, les arènes n'ont cessé d'être restaurées et réaménagées. Des estrades en métal ont été mis en place, ce qui gâche royalement toute la beauté de cet énorme vestige romain ! Mais faut quand même comprendre qu'on a besoin de solide ici ! L'endroit est encore vivant ! Des férias et autres fêtes traditionnelles s'y déroulent encore à chaque années !

Nous continuons notre visite d'Arles en nous dirigeant vers les Alyscamps, vestiges d'un quartier gallo-romain. Nous marchons dans une allée bordée d'arbres, de sarcophages et de monuments religieux, pour nous rendre à l'église St-Honorat, reconstruite au 12ème siècle par des moines. Petit moment de répit, puis nous décidons de retourner à la maison. Notre journée a été bien remplie et en plus, nous avons eu un beau soleil pendant tout le temps de notre escapade.


La Camargue

12 septembre

Flamants, chevaux et taureaux...

Notre destination ce matin est la Camargue. Nous avions prévu une visite au musée camarguais et au parc ornithologique du Pont-de-Gau, une balade aux Saintes-Maries-de-la-Mer et pour terminer, une randonnée au Domaine de la Palissade. Mais Pierrot décide de changer le programme. Il insiste pour faire une baignade dans la méditerranée, et se laisser griller comme des homards sur l'une des plages des Saintes-Marie-de-la-Mer. Une journée de paresseux quoi !
Celui-ci me dit qu'il veut se laisser flotter dans la méditerranée. Parait-il que la concentration de sel est si élevée, que la densité de l'eau augmente, ce qui permet à la mer de soulever un corps aussi gros que 170 livres sans efforts. Mais pourquoi y aurait-il une différence entre se laisser flotter au gré des vagues du St-Laurent et celles de la méditerranée ? Après un temps de réflexion, je comprend : Mon Pierre ne s'est jamais baigné dans la mer !! Mon Pierre vient de la campagne et ne connaît que les lac et les rivières. Bon, alors on va à la mer aujourd'hui, mais je suis quand même un peu déçue ;-)


Parc ornithologique du Pont-de-Gau


Paradis des oiseaux migrateurs, des taureaux et des chevaux, la Camargue est le fruit de l'action conjugué du Rhône, de la Méditerranée et des vents. Des milliers de kilomètres de marais, de pâturages et de dunes se sont formés au fil du temps. Des parcs nationaux, régionaux, et des organismes privés gèrent ce vaste territoire, afin de protéger une flore et une faune aux espèces rares.

Sitôt arrivés au parc, nous pouvons déjà observer des chevaux et taureaux assemblés en pâturage. L'ensemble de ces troupeaux, ainsi que tout ce qui s'y rattache, forme une manade. On peut également constater que la randonnée à cheval est une activité touristique très lucrative pour la région. Sur le bord de la route, beaucoup de ranch annoncent des balades à cheval dans les marais et les manades. On peut donc voir beaucoup de groupes de touristes se suivrent à la queue leu leu avec leur monture…

Le Parc ornithologique du Pont-de-Gau permet de découvrir en volière ou en liberté les espèces les plus connues en Camargue. Nous n'avions jamais vue un aussi beau parc ornithologique, même au Québec. Pouvoir observer autant d'espèces d'oiseaux dans leurs habitats en quelques heures, c'est extraordinaire !!! Un arrêt à ce parc demeure impérial pour tout touriste amateur d'ornithologie. Des sentiers d'observation sont aménagés tout le long du parc, permettant ainsi d'observer flamants roses, hérons, canards, aigrettes, busards des roseaux, échasses blanches. Toutes ces espèces sont attirées par l'eau poissonneuse de la région : sandres, carpes, anguilles, crustacés et coquillages. Cependant, les moustiques sont plutôt agressifs : les marais attirent une quantité énorme de bébêtes qui piquent. La visite du parc nous occupe toute la matinée. Une fois terminée, nous faisons route vers Les Saintes-Marie-de-la-Mer.


Les Saintes-Maries-de-la-Mer

Le nom de ce village origine d'une légende, selon laquelle une barque arrivée de la Palestine s'échoua sur le rivage des Saintes vers l'an 40. Elle portait à son bord Marie-Jacobé, soeur de la vierge, Marie-Madeleine, son frère Lazare, sa soeur Marthe, Marie-Salomé, mère des apôtres Jacques et Jean, et leur servante noire Sarah. Tous auraient été chassés de la Palestine. Chaque sainte a son pèlerinage se déroulant à différentes périodes de l'année, attirant des milliers de gitans venant de partout d'Europe pour fêter leurs patronnes.

Outre les pèlerinages, les Saintes-Marie-de-la-Mer offre quelques festivités telles que la course camarguaise, la ferrade, la corrida et le lâcher des taureaux dans les rues de la ville. Les coutumes et les moeurs des camarguais sont donc particulièrement liés aux taureaux et chevaux.

Nous décidons d'aller prendre notre dîner à l'Hippocampe, dans un restaurant recommandé à la fois par le guide Michelin Vert et le Guide du Routard. Sitôt entrée, j'me sens peu à l'aise avec l'ambiance. Beaucoup trop de groupes de touristes. Ils occupent toute la terrasse. La préposée à l'accueil a la bonne idée de nous faire asseoir dans l'une des deux salles à manger qui est pratiquement vide. L'accueil nous semble quand même chaleureux. Pour ce midi, je choisis encore une soupe de poisson, ainsi qu'un gratin de fruit de mer. Mon Pierrot lui se commande une escalope de bar. A la fin du repas, je pose une question simple au serveur : " Est-ce qu'on paye la facture à la table ou à la réception ?" Celui-ci n'ayant pas encore remarqué notre accent bien québécois, tout surpris et tout souriant, me demande de répéter ma question. Pour lui faire plaisir, je la répète. Monsieur me répond : "AH QUE J'AIME ÇA !!!" Je suis toujours aussi surprise de faire autant d'effet aux français dès que j'ouvre la bouche pour leur dire quelques mots...C'est magique !!! ;-)

Après le dîner, nous marchons en direction d'une des plages de la région. Après deux ou trois heures de baignade, le temps se couvre. Nous ramassons nos clics et nos claques. Ça sent la pluie. :-( La journée se termine sur un embouteillage monstre lors de notre retour à Oppèdes (vive les heures de pointe !!)


Avignon

13 Septembre


J'espérais fortement du beau temps pour notre visite à Avignon aujourd'hui, et je dois avouer que je commence à en avoir marre de cette pluie. Vive la fin du voyage !!! Nous faisons nos bagages ce matin, car demain le départ se fera très tôt, et je crois bien que nous serons de retour à maison très tard cette nuit.

Nous nous rendons directement au stationnement souterrain du Palais des Papes. Les gens sont entassés comme des sardines à la réception du Palais : des gens de toutes nationalité, des groupes de personnes âgées, des jeunes, etc.
Le prix pour la visite n'est pas donné et n'inclut pas la visite du vieux Palais et du Pont d'Avignon.

La plus belle et la plus forte maison du monde

Dans la Petite audience, un couple se promène et semble très concentré, chacun d'eux tenant une caméra vidéo à la main. Ils ont l'air de deux agents secrets, filmant chaque détail du bâtiment, ce qui rend la scène particulièrement rigolote. ;-)
Le Palais des Papes et l'une des plus belle architecture gothique du XIV siècle. Sept papes y ont succédé, chacun contribuant à sa façon à la construction du Palais. Des cardinaux y ont tenues des assemblées pour délibérer, sous la présidence du pape, des affaires religieuses ou politique de l'Église. Avec toutes ces années, le palais a été un lieu d'événements grandioses : banquets, festivités, théâtres, mais également témoin d'événements dramatiques : pillages lors de la révolution française et massacres à l'intérieur même de ses murs. Des querelles pontificales ont obligé des souverains d'Europe à installer un pape à Rome, étant donné que déjà deux papes rivalisaient pour avoir le pouvoir : l'un au Vatican et l'autre au Palais des papes. Le monde a donc déjà eu trois papes !!!

Après 2 heures de visite de se gigantesque palais, nous sommes saturés. La visite est très intéressante, mais trop bourrative pour garder notre attention pendant encore une heure. Une pluie légère nous accompagne pour notre promenade sur l'île de Barthelasse. De là, nous avons une très belle vue sur le vieil Avignon et son pont. Le pont d'Avignon reliait la ville à la cité des Cardinaux (Villeneuve-lès-Avignon) autrefois, mais il n'a pu résister au cours de toutes ces années à l'assaut du Rhône. Il ne reste que 4 arches et la chapelle St-Nicolas. Etant donné sa forte popularité à travers le monde, plusieurs touristes sont déçus de constater que ce monument historique, bien connu par la chansonnette "Sur le pont d'Avignon", n'est qu'une moitié de pont. Après cette brève balade sur l'île, nous faisons direction Place de l'Horloge.

Une petite envie me prend et j'ai besoin d'aller aux toilettes. Les installations sanitaires font partie de l'imagination fertile de nos cousins. En France, lorsque vous avez besoin de satisfaire vos besoins naturels, quatre choix s'offrent à vous: 1) Les toilettes turques 2) Les haltes routières 3) Les Mc Donald 4) Les bistros ou les restaurants... Les premiers choix n'étant pas accessibles pour moi, nous décidons de prendre le 4ème choix. Dès notre entrée dans le bistro, nous constatons que nous sommes entourés de gens d'affaires, de retraités et évidemment, de la gent canine. Tous ici sans doute pour prendre un petit remontant avant de retourner au travail, pour se détendre ou par habitude.. Pierrot commande mon café et hop !! Vivement les toilettes !! Mais quelle déception de constater que je suis tombée sur l'une de ces redoutables toilettes françaises !! C'est à dire sans bol et sans chaîne. Aucune possibilité de se détendre sur le banc avec une bonne revue. Et surprise !!! Cette toilette est de plus pourvue d'un détecteur d'odeur et d'un vaporisateur de parfum !! Je reçois un "Pouchhhh!!" sur la tête, ce qui me coupe totalement mon envie.

Je retourne vaincue rejoindre Pierrot. Notre table est située juste en dessous du comptoir caisse. Le museau mouillé d'un gros pitou dépasse de ce comptoir et vient s'appuyer contre l'épaule gauche de Pierrot. Mon café est très corsé, je regrette de ne pas avoir commandé un café au lait. A cet instant, un groupe de huit japonais fait son entrée dans le restaurant. Quatre femmes et quatre hommes. Les hommes sont habillés d'un complet chic, mais sportif, et porte autour de leur cou leur gros appareil-photo. Deux d'entre eux ont leurs grosses lunettes de soleil sur le nez, malgré le mauvais temps. Ils ont l'air de sortir directement d'un film de kung fue. Leur femme semble plus jeune qu'eux, mais évidemment, ce n'est qu'un impression. Un seul du groupe parle un petit peu français. Il est le premier à donner sa commande au serveur: Un croque monsieur ! Tous ses compagnons commandent par la suite la même chose. L'un d'entre eux se lève et se rend aux toilettes. Il en ressort avec le sourir aux lèvres et raconte son aventure à ses compagnons. Nous sortons du bistro vers 15h00. Nous passons l'après-midi à marcher dans les rues d'Avignon.

"La bière est la preuve que Dieu nous aime et veut que nous soyons heureux."

La pluie cesse finalement, mais le temps demeure gris. Nous continuons notre balade à la Place de l'Horloge. C'est ici que Benoît m'a donné rendez-vous pour notre rencontre. Il est 19h00 et j'me rends compte que la place est plus grande que je me l'imaginais. Je fais, pendant 15 minutes, le tour de la place pour le trouver. Finalement, en jetant un coup d'oeil au loin, parmi les terrasses qui tapissent le centre de la place, une paire de yeux bleus me pointe. Benoît est là, debout avec son cellulaire en main. OUFF !! Pendant un instant, j'ai crû que cette rencontre n'aurait jamais lieu. Contente de l'avoir trouvé, je me dirige vers lui. Pierrot emboîte sitôt le pas derrière moi. Après une bise polie et des présentations, nous nous asseyons à une table. Je suis soulagée de constater que le type que j'ai en face de moi est exactement le même que celui avec qui je discute sur internet : Pas grand, ni petit, ni gros, ni maigre, pas extroverti, ni trop introverti, mais très gêné. En fait Benoît est tellement gêné que j'ai l'impression qu'il va finir par se cacher en dessous la table. Tellement gêné que j'me demande qu'elles seront nos sujets de conversations au cours de cette soirée. Pas de panique, je fais confiance à Bacchus, me dis-je ;-) Des amis de Benoît vinrent se joindre à nous après quelques minutes. Nos conversations se rapprochent de l'échange culturel et politique. Tarik arrive finalement une heure plus tard. Il s'assoit devant moi, l'air très calme, relaxe. Il m'observe attentivement tout en nous écoutant parler. L'heure avance et nous décidons finalement d'aller manger.

Notre choix s'arrête sur une crêperie, Le Cloître, les autres restaurants étant déjà complets. Tout le long du repas, je fais attention à ce que je mange et j'évite autant que possible de boire trop rapidement mon verre de vin. Pas question que mon estomac me gâche encore une fois ma soirée !! Nous parlons encore de politique. Mais bientôt l'alcool nous rend son effet et nos sujets de conversation deviennent beaucoup moins sérieux et l'atmosphère est beaucoup plus détendue. A la fin du repas, nous décidons d'aller poursuivre notre soirée au Cubanito. J'en profite donc pour sortir justement mes cigares ;-) La bière et les verres de mojitos remplissent bien nos estomacs. Le bar ferme à une heure, nous nous dirigeons donc vers le Redzone pour terminer la soirée.

Pendant que Laurent et Pierrot discutent de football, Tarik, Ben est moi décidons d'aller danser. Etant peu sportive, je n'ai pas la forme et je suis obligée de m'asseoir à quelques reprises pour reprendre mon souffle. Il est 3h00 du matin et Pierrot commence à se sentir fatigué. On décide de partir à ce moment. Après des accolades et des bises chaleureuses, tout le groupe sort finalement du bar. Deux vendéens, titubant et exclamant fièrement leurs origines, nous suivent à la sortie du Redzone. Pierrot a l'ingénieuse idée de leur péter un peu de broue et de leur dire: Moé j'viens plus loin de vous autre, j'viens du Québec !!! Et voilà ! Les deux ploucs continuent de nous suivre dans la rue, comme des pots de colle, tout en exprimant leur amour pour les Québécois.

Lors de nos dernières salutations, Tarik me reproche de ne pas avoir prévue plus de temps à Avignon. J'lui réponds: "Tu m'as dit que jusqu'à mercredi, t'étais occupé!" Il rétorque sur une mou de déception: "AH !! Anny !! Vous verrez !! Il va faire mauvais temps demain dans le Verdon !!!" Nous reprenons enfin la route pour la maison. Lorsque nous arrivons, il est déjà 4 heures du matin. Nous craignons donc que la levée du corps ne soit très pénible ce matin, étant donné la quantité d'alcool que nous avons bue. Nous prévoyons quitter la maison à 8h30! Nous décidons de dormir quand même, histoire de cuver notre bière...


Le Verdon

14 Septembre

7H30 du matin… Nous sommes très fatigués (et moi malade de boisson). Nous nous dépêchons de ramasser nos bagages. Dernier petit ménage avant de quitter la maison. En donnant un coup de guenille sur le plancher, je sens une chaleur intense qui envahit mon visage, et un engourdissement au niveau de ma bouche. En me regardant dans le miroir, OULA !!!!! Je constate que je fait une grosse réaction allergique !! Mes lèvres ont doublé de volume et j'ai d'énormes plaques rouges au niveau des joues. Je suis allergique à quelque chose, mais à quoi ????? J'espère de ne pas avoir à consulter un médecin !! Tout ceci irrite franchement Pierrot ! Je crois qu'il est temps que les vacances se terminent. Nous faisons un dernier adieu au vieux couple. Evidemment, monsieur Feraud n'est pas là pour nous souhaiter bon voyage ! Hop !! En route vers le Verdon !

Nous arrêtons en cours de chemin à Moustiers-Sainte-Marie, un autre des plus beaux village de France. Mais il n'y a pas vraiment de place pour stationner la voiture. En voulant faire un créneau, Pierrot rate complètement son coup !! Il n'est pas habitué à conduire manuel, et en plus, il essais de se stationner dans une pente. Rien à faire, il n'est pas capable !! Il est complètement enragé ! Le voyant ainsi de mauvaise humeur, je lui dis de laisser tomber. Une vraie catastrophe ! Nous arrêtons finalement dans une halte routière pour manger. Pierrot continue à s'insulter lui-même. Il est tellement enragé, qu'en cherchant notre repas, il ferme la porte de la voiture violemment sans remarquer que je suis entrain, moi aussi, de chercher des ustensiles pour manger. Je reçois carrément la porte sur la mâchoire ! Ayoye !! Bon, je suis obligée de sauter le repas du midi, rien à faire !! Ça me fait trop mal ! Je dois me mettre des icepacks sur la gueule car je ne suis plus capable d'ouvrir et fermer ma bouche. Ça termine mal notre voyage cette journée de mer....de !! Pierrot est tout à l'envers !! J'espère seulement que je n'ai rien de cassé !!

Nous reprenons la route directement vers Chasteuil, petit hameau perché à 900 mètres d'altitude. Nous avons réservé "Au gîte de Chasteuil", ancienne petite école transformée en chambres et tables d'hôte par Pascal et Nancy. Pour s'y rendre, le chemin est plutôt étroit, sinueux et même dangereux. Il n'y a pas de garde-fou, et la voie ne laisse passer qu'une seule voiture à la fois. C'est carrément le précipice si on a le malheur de rater une courbe! Le village est très petit mais joli. Nous installons nos bagages dans notre petite chambre et sous les bons conseils de Pascal, nous décidons d'aller faire le "Couloir de Sansom", qui traverse l'énorme bloc obstruant l'entrée du Canyon. Mais il fait sombre, humide, et je ne suis pas bien chaussée pour continuer la balade dans ce tunnel. Nous retournons sur nos pas pour prendre les différentes routes qui parcourent les Gorges. Nous arrêtons à tous les belvédères : la Corniche sublime, le Point sublime, le belvédère de l'Escalès, etc. De là, des vues exceptionnelles sur le Verdon s'offrent à nous. Que c'est beau ! Même si je souffre énormément de ma mâchoire. ;-)

Le soir venu, nous faisons une petite balade dans le village de Chasteuil. J'ai un petit pincement au coeur. Demain nous nous rendons à notre dernière destination : Nice. Bientôt les vacances seront terminées. Je n'ai pas arrêté de me plaindre du mauvais temps durant tout le voyage et pourtant, je voudrais que les vacances continuent ! Décidément, je suis une éternelle insatisfaite !


Nice

15 septembre

Notre dernière journée

Nous prenons notre petit déjeuner en compagnie d'un couple canadien, venant de la Colombie Britannique. Un couple âgé dans la cinquantaine avancée, possédant une forme physique exemplaire, car ceux-ci voyagent à pieds! Ils ont déjà parcourus des centaines de kilomètre en randonnées pédestre depuis le début de leur voyage. Je me sens honteuse d'être si peu en forme. Pascal nous a préparé un délicieux repas ce matin. Des croissants, céréales, du pain frais maison et même des confitures préparées ici même. Et un bon café au lait ! HUM ! Le meilleur que nous avons bu en France. ;-)

En chemin vers Nice, nous constatons que le paysage change radicalement d'allure. Les montagnes du Verdon laissent place aux paysages chauds de la Côte d'Azur et aux palmiers ! Nous nous dirigeons vers notre hôtel. Puis nous enfilons costumes de bain et allons vers la promenade des Anglais pour une petite et dernière saucette dans la méditerranée. D'un coté de la promenade il y a les plages. Aucune plage sablonneuse ici. Que des cailloux. Et de l'autre coté, les beaux et grand palais de Nice : Le Westminster, Le West End, et l'hôtel Negresco. Quel plaisir ! Il fait très chaud. Et un beau gros soleil en guise de cadeau de fin de voyage. Merveilleux !

Notre dernier souper en France, nous le prenons dans un bon restaurant, l'Entrecôte. Leur buffet offre des moules à volonté. J'en prends une tonne dans mon assiette, et je les engloutis une à une jusqu'à ce que quelque chose de très fort me tombe sous la dent. Je bois tout mon verre d'eau, mais j'ai la langue qui semble avoir pris en feu. C'est épouvantable comme sensation ! Je monte directement aux toilettes pour me passer de l'eau fraîche dans la bouche (étant donné que je n'avais pas de boyaux d'arrosage à la portée de la main à notre table). Pendant 15 min, j'essais d'éteindre cette sensation de brûlure !! Je n'ai jamais mangé quelque chose d'aussi épicé ! C'était quoi ça ! Je retourne par la suite à ma table, mais je ne suis incapable de manger pendant encore 10 min, étant donné que j'ai trop mal à la langue.

Un couple de français ayant leur table juste à coté de la nôtre, remarque que nous sommes québécois. Nous commençons à discuter avec eux des différentes coutumes françaises, notamment de cette fameuse bise dont mon Pierrot n'était pas habitué avant de rencontrer nos amis. Selon monsieur, les gens de la Haute-Savoie sont plus réservé mais plus chaleureux et authentiques que les provençaux. Peu importe ! Nous avons bien apprécié les gens d'ici de toute façon ! Deux québécoises se joignent à nous pendant notre conversation. Celles-ci ont eu plus de chance que nous, en ce qui concerne la température. Pendant leur deux semaines de voyage, elles n'ont eu que du beau soleil sur la Côte d'Azur et lors de leur séjour dans le nord de la France. Nous sommes jaloux !!! Bah !! De toute façon, nous avons aimé notre voyage malgré le temps pourri que Dame Nature nous a donné :-)

Dernière nuit en France maintenant ! Sniff !! Demain le grand départ. J'déteste prendre l'avion, surtout quand les vacances sont terminées !!


De retour au Québec

16 Septembre

Ce matin, nous sommes un peu stressé. Il est 6 heures du matin et nous sommes prêt à partir. Un peu trop tôt encore pour déjeuner, car l'hôtel n'a pas encore reçu les croissants de la boulangerie, mais c'est pas grave, un p'tit café avant de se remplir l'estomac va nous aider à tenir le coup ;-)

A l'an prochain chères vacances !

Hum !!! Quel délice ces croissants !! Ça valait la peine d'attendre qu'ils arrivent :-)
Après le déjeuner, c'est le grand départ. Nous faisons route vers l'aéroport de Nice. Une fois arrivés, Je décide d'aller faire une pause pipi avant l'embarquement. Je suis très stressée. Nous sommes plusieurs qui faisons la file d'attente dans la salle de bain des femmes. Une pancarte à l'entrée de la toilette des hommes est affichée avec une indication de ne pas entrer car la femme de ménage y est. Mais évidemment, les gens ne voient pas cette pancarte. Un homme âgé y entre, puis j'entends un énorme cris. Quelques secondes plus tard, une "bonne femme" sort le monsieur avec un bon coup de pied dans le cul. OULA !!!. Puis un second monsieur se dirige vers les toilettes. Je l'avertie de ne pas entrer, mais évidemment, il ne tient pas compte de mon avertissement. Et ça recommence ! Cette fois-ci, le pauvre homme se fait carrément pousser en dehors de la salle de bain. Malheureusement, d'autres bons monsieur subissent le même traitement pour ne pas avoir tenu compte de cet affiche...

Nous faisons 8 heures de vol. C'est vraiment pénible pour moi de prendre l'avion. Je me sens comme en prison, incapable de réagir s'il arrivait quelque chose de grave, comme un écrasement par exemple. Un film de Woody Allen passe sur les écrans. Je suis incapable de me concentrer pour l'écouter. Je me dis : "Patience Anny!! Plus que quelques heures et t'auras les deux pieds sur terre! Oui mais je vais m'ennuyer d'être en vacance moi ! Et c'est peut être que c'est la dernière fois que je prends l'avion ! Profites-en donc !! Râleuse va !!!"
A Mirabel, je prends mon courage à deux mains. Je regarde l'avion atterrir et le paysage s'approcher peu à peu de nous. Je suis nostalgique...

Les beaux parents nous attendent à l'aéroport. Nous retournons à la maison, enfin, mais en arrivant, nous avons une surprise bien moche : les potes ont tout viré à l'envers. Ca semble être un cadeau de bienvenue. Ils sont laissé un message sur le babillard : Salut les cousins !!

AH !!!!! Mauzusse !!!!!!!

© Anny Thiffault